Collezione Florence e Damien Bachelot, Ritratti (exposition)

Collezione Florence e Damien Bachelot, Ritratti (exposition)

Le Museo Nazionale del Risorgimento Italiano présente un regard sur l’humanité entre mythes, actualité et émotions à travers la Collection Bachelot, l’une des plus importantes collections photographiques privées d’Europe. Cet ensemble se double d’un voyage à la découverte de l’évolution du portrait en photographie de Lewis Hine à Nan Goldin, sous la direction de Tiziana Bonomo.

Du cliché iconique immortalisant Pablo Picasso assistant à une corrida, signé Brian Blake, à la force documentaire de Lewis Hine (qui utilisa la photographie comme instrument de dénonciation sociale en capturant les visages des enfants migrants italiens aux États-Unis pour témoigner de la réalité du travail des mineurs) jusqu’aux regards contemporains de Paul Graham photographe des invisibles vivant dans les rues d’Amérique et de Nan Goldin avec la rigueur et l’excentricité de ses sujets.

Le genre du portrait, bien avant l’ère des selfies et de l’auto-narration sur les réseaux sociaux, a suivi son propre parcours, reflétant les mutations des mœurs, des identités et des visions du monde, comme l’illustre cette collection dont les œuvres traversent le XXᵉ siècle jusqu’à la contemporanéité. Ce, principalement à travers le visage humain – récit visuel d’une intensité extraordinaire.

De la documentation à l’usage politique de l’image, jusqu’aux expérimentations artistiques qui ont redéfini le langage même de la photographie au fil des décennies, l’exposition s’articule autour de quatre sections thématiques : Mythes, Émotions, Société et Actualité. L’image emblématique de l’exposition, choisie par la commissaire Tiziana Bonomo, est Lanesville (1958) de Saul Leiter : une image qui saisit un instant d’intimité et représente une femme nue assoupie, capturée avec délicatesse à travers une porte entrouverte, avec la mer et la route en arrière-plan.

Elle concentre charme, mystère et beauté, expression parfaite du style inimitable de l’auteur, dont le regard, intime et délicat, sur l’humanité se distinguait par un usage original de la couleur, capable de rendre l’image vibrante tout en l’imprégnant d’une atmosphère suspendue, semblable à un souvenir qui émerge du passé. Beaucoup de figures incarnent la solitude, l’égarement et l’humanité blessée par les conflits, devenant presque un symbole universel des déchirures de la guerre.

jean-paul gavard-perret

Collezione Florence e Damien Bachelot, Ritratti, Museo Nazionale del Risorgimento Italiano de Torino, Turin, du 11 juillet au 5 octobre 2025.

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