Clara Diebler entre apories du réel et de rêve : entretien avec la photographe.
Les photographie de Clara Diebler apportent un pur sentiment de beauté et de sens suave de la féminité. Surdouée dans la photographie (et pas seulement), Clara Diebler dès l’âge de 16 ans a pour la première fois superposer deux négatifs. Depuis, elle construit son univers merveilleux de personnages plus vaporeux et féeriques que fantomatiques. Cette juxtaposition de deux photographies (portraits, nus, références architecturales, motifs floraux) permet qu’elles se nourrissent pour magnifier une alchimie avec un romantisme original pour l’hymne à la beauté féminine souvent nue et parfois brutale mais toujours nimbée de divers voiles.
Le regardeur semble pénétrer en une scène de théâtre intime visuellement intacte, où chaque détail et chaque nuance de blanc et de noir forment une entité où tout semble appartenir et être à sa place. Se découvrent des personnages en des scènes fictifs fictives même si de telles photographies parlent bien sûr de son monde intérieur et émotionnel. De telles propositions sont les plus généreuses et rares dans une telle perfection artistique.
Voir entre autres Artmajeur
Entretien :
Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Mon fils !
Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
Je les ai tous réalisés.
À quoi avez-vous renoncé ?
J’ai dû renoncer à revenir vivre au Kenya
D’où venez-vous ?
Je viens de Paris, avec un père allemand…
Qu’avez-vous reçu en héritage ?
Beaucoup de contradictions !
Un petit plaisir – quotidien ou non ?
Un café en terrasse le matin.
Comment définissez vous votre érotisme photographique ?
Je ne le définis pas car je préfère parler de sensualité. Une sensualité organique.
Quelle est la première image qui vous a marqué ?
La Vénus de Botticelli.
Et votre première lecture ?
« J’irai cracher sur vos tombes « de Boris Vian / Sullivan
Quelles musiques écoutez-vous ?
Jazz, classique, rock, punk.
Quel est le livre que vous avez aimé relire ?
« Le dernier voyage d’Anna Blum « de Paul Auster.
Quel film vous fait pleurer ?
« Naked » de Mike Leigh.
Quand vous vous regardez qui voyez vous ?
Je me vois enfant.
À qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
Tous mes artistes préférés.
Quels sont les artistes et écrivains dont vous vous sentez la plus proche ?
Paul Auster, George Sand, Musset, Courbet, Philip K.Dick, Camus, Rachmaninov…
Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Un Nikon FM.
Que défendez vous ?
Je me sens féministe dans l’égalité des droits, anarchiste pour l’émancipation par l’éducation et universaliste pour le droit à chacun d’avoir une vie décente, partout dans le monde.
Que vous inspire la phrase de Lacan, « l’amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas » ?
Je suis tout à fait d’accord !
Que pensez-vous de de celle de W Allen, la réponse est oui mais j’ai oublié la question ?
Cela me fait tout de suite penser à mon enfance, c’était l’humour de la maison.
Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
Qu’est-ce qui vous a amenée à créer ?
Présentation et entretien réalisés par jean-paul gavard-perret, pour le litteraire.com, le 28 janvier 2025.