Braver encore si las ?
Tout est cercle de cercles que vénèrent le Soleil et ses astres. Mais ils ne savent pas que tout ce qui a été créé par les dieux est voué à la destruction. L’univers meurt et renaît sans cesse, au fil de cataclysmes et de plongeons dans le chaos. Mais nous avons trop mal honoré la Terre Nourrice et Mère. Etant ses enfants, nous sommes devenus ses ennemis oubliant même l’idée de nature – nous-mêmes si peu humains.
Beaucoup par leur mépris ont éteint l’énergie de la terre. Elle a hérité la force des catastrophes. Un monde se défait par la stupeur et l’effroi des épouvantés. La Terre perd ses hommes tombés dans leurs propres pièges. Le massacre est prévu comme les Aztèques l’ont connu. Leur colonne de mort s’approcha des Fils du Soleil devenus acéphales. Aujourd’hui certains oscillent encore entre la certitude de la victoire et l’affolement de la déroute.
Pas besoin de prophètes. D’autres mentent, dissimulant leur fièvre de l’or en leur traîtrise. Cette culpabilité est criarde. Personne ne tirera courage de ce qu’il a spolié, sous une pluie battante au milieu de la tempête et sous une chaleur de plomb où le désert avance. Que sommes-nous devenus dans la plus infime parcelle de Dieu – où celui qu’on appelle ainsi – ? Attendons ce qui nous noie et assèche.
jean-paul gavard-perret
Photo inconnue
