Arnaud Le Vac, Reprenons les chemins d’ici

Arnaud Le Vac, Reprenons les chemins d’ici

Venise est ici

Il existe chez Arnaud le Vac le désir d’embrasser le monde. Certes, comme il l’écrit : « c’est le langage et l’histoire du sujet / qui débordent la vie » mais un tel brassage imposerait un travail plus long (à la Pound cité par le poète). Dès lors, dans ces départs reste un certain mal étreint qui répond toutefois à la belle ambition de tous les chemins proposés dans « un dégagement permanent / et ondoyant vers la lumière ».
Volonté et désir forment les piliers d’un appel incessant à ce qui fait langage et dont Le Vac rassemble des éléments naturels et culturels avec un appel incessant. Et ce, à partir de Venise comme Paradis ou symbole en tant que porte de civilisations à reconstruire, de départs qui rappellent ce que Casanova disait d’un tel lieu : « Venise n’est pas là-bas mais là-haut ». Mais pour Le Vac, elle est aussi ici .

Le poète marche sur ses dalles car à Venise tout se passe in situ. Plus que Rome, elle devient la cité éternelle et provisoire. Pour preuve, l’Arétin quitta la ville de la Louve pour la cité des Doges. L’auteur y mélange les spectres temporels et spirituels.
Pour lui, l’eau stagnante n’est pas une agonie moribonde qu’il contemplerait en Narcisse désabusé. Il y avance à le recherche de nouveaux départs et des « fleuves d’oubli » chers à Baudelaire.

jean-paul gavard-perret

Arnaud Le Vac, Reprenons les chemins d’ici, Editions de Cygne, coll. « Le chant du cygne », Paris, 2019, 77 p. – 11,00 €.

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