Ann Dukhtas, Les Oubliés de Mayerling
Nicholas Segalla s’attaque à un nouveau mystère de l’Histoire au plus profond de l’empire d’Autriche-Hongrie.
Hiver 1889, alors que la Prusse du terrible Bismarck écorne sa suprématie, l’empire d’Autriche-Hongrie est ébranlé par un drame. Dans un pavillon de chasse de Mayerling, Rodolphe de Habsbourg, unique héritier de la couronne est retrouvé mort au côté de sa maîtresse du moment. Pour les autorités, placées sous la tutelle de la famille impériale, la thèse du double suicide est la seule qui peut être. Mais l’empressement mis à résoudre l’enquête et à la bâcler alerte le Vatican qui envoie aussitôt son émissaire-enquêteur, le maintenant renommé Nicholas Segalla, essayer de démêler l’imbroglio.
Segalla a été victime d’une malédiction qui le condamne à rester immortel le temps qu’il n’a pas accompli une certaine mission qui reste encore inconnue. Le doute subsiste chez certains qui voient en lui un personnage trouble et fantastique. D’autant qu’il ne vieillit pas et marque les esprits. Aussi lui demande-t-on de faire preuve de discrétion dans ses recherches. Mais Segalla sait tenir ses conclusions secrètes pour mieux les révéler à l’historienne Ann Dukhtas en 1994.
À Vienne, en 1889, il faut être attentif et plein de ressources. La force de Segalla est de se faire des alliés, voire des amis. Le policier Joseph Kinski, chargé d’escorter, d’apporter son aide mais surtout d’espionner Segalla sera le seul homme à partager les découvertes sur ce mystère effrayant. Rodolphe de Habsbourg a-t-il été victime des desseins de la Prusse ?
Si cette question est envisagée, il n’en demeure pas moins qu’une telle action aurait été osée. Rodolphe était en bute avec son père. De là à faire froidement assassiner son propre fils, il y a un gouffre à franchir. À moins qu’il ne s’agisse d’une machination de la police politique. Les thèses sont nombreuses pour Segalla. Et chacune d’entre elles engendre des dangers. Ce qui est sûr, c’est que Rodolphe n’était pas d’humeur à se suicider et que beaucoup trop de personnes étaient dans les environs. Beaucoup de personnes sourdes qui n’ont pas entendu des coups de feu tirés à des intervalles beaucoup trop espacés.
Cette troisième enquête de Nicholas Segalla nous ramène sensiblement vers le vingtième siècle qui dévoilerait la véritable tragédie de notre héros. Après avoir rendu visite à Marie Stuart, reine d’Écosse, dans Le Messager du temps, et à l’empereur Napoléon dans En mémoire d’un prince, Segalla part à la conquête de l’Europe centrale.
Alors, ses prochaines aventures l’emmèneront-elle dans la Russie en pleine révolution à résoudre une des plus étranges tragédies du vingtième siècle ? Celle de la disparition des Romanov et surtout de la princesse Anastasia ? Rien n’est moins sûr. Ce qui est certain, c’est qu’il faut attendre !
Série « Nicholas Segalla », tous aux éditions 10-18 :
Le Messager du temps, n° 3831
En mémoire d’un prince, n° 3832
Les Oubliés de Mayerling, n° 3900
julien védrenne
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Ann Dukhtas, Les Oubliés de Mayerling, 10-18 coll. « Grands détectives » (n° 3900), avril 2006, 254 p. – 7,30 €. |
