Michael Pearce, La Belle du Nil
Le mamour zapt enquête sur une noyée… étranglée retrouvée puis disparue sur les berges du Nil à l’aube du XXe siècle.

Rien n’ arrête le mamour zapt !
Le « mamour zapt » est le commissaire politique britannique du protectorat égyptien. Sa tâche n’est pas aisée car il doit composer avec les nombreuses ethnies et religions du pays au début d’un XXe siècle trouble et agité. La vie d’Owen – que l’on a découvert avec Le Retour du tapis (10-18 coll. « Grands détectives » n° 3525) – est d’autant plus épique et épicée que la belle mais emportée Zeinab refuse toute relation charnelle le temps que son enquêteur d’ami n’aura pas résolu une affaire bien mystérieuse. Et Zeinab est une entêtée de première. N’en déplaise à Owen.
Alors, l’affaire, qu’elle est-elle ? Un cadavre de femme a été repéré sur les berges du Nil. Le problème c’est qu’il a disparu entretemps. Œuvre de policiers qui ne voulaient pas travailler et l’ont donc repoussé dans le fleuve ou de mendiants toujours à la recherche de ce qui pourrait avoir une valeur marchande ? Il va falloir se renseigner. D’autant qu’une femme a disparu du bateau du prince Narouz, l’héritier du khédive. Voilà de quoi intriguer Owen. La police du Caire est déchargée de l’enquête alors que le mamour zapt se voit mettre une pléthore de bâtons dans les roues.
Pendant ce temps-là, dans la ville en ébullition, les caches d’armes pullulent et le trafic foisonne. Quand une tombe est profanée et que la famille à qui appartient le caveau vient en fureur se plaindre auprès d’Owen, celui-ci intervient avec rigueur et circonspection. La tombe serait vide si elle ne regorgeait pas d’armes ! Plus loin, une sépulture n’est pas en reste. Profanée elle aussi. Owen compte bien y retrouver le cadavre manquant. Sa surprise est grande quand il en découvre un autre en plus : celle de la belle du Nil. L’enquête est relancée. Rien ne pourra arrêter le mamour zapt. Le passé de cette ténébreuse indigène se révèle alors devant un commissaire stupéfait. Une sombre machination qui pourrait ébranler les arcanes d’un pouvoir déjà fragile apparaît peu à peu.
Cette cinquième aventure du « mamour zapt » n’a en rien perdu de son allant. Entre exotisme et Histoire, entre sueur et thé brulant, Michael Pearce use de psychologie pour tenter de nous faire entendre une époque qui fait rêver. Owen n’est pas un Européen comme les autres. À l’inverse de ses compatriotes, il est capable de se fondre dans la foule pour mieux la sentir et la comprendre. Ce jeune homme aux milles tourments est plus que sympathique. Son humanisme n’est pas à mettre en doute. On apprécie ses incertitudes et surtout ses doutes et ses errements. Sa maîtresse n’est pas non plus étrangère à l’attachement que l’on ressent pour lui. Digne d’un roman de Pierre Drieu La Rochelle (comment ne pas penser à Béloukia ?) ou plus prosaïquement d’une égérie des Mille et une nuits, cette dernière nous enchante par son profond décalage, sa déraison et son port altier qui en fait une princesse orientale issue d’un tableau de Delacroix.
Hormis le premier récit – Le Retour du tapis – les autres peuvent se lire dans n’importe quel ordre même si une lecture chronologique est appréciable.
Les aventures du mamour zapt, aux éditions 10-18 :
Le Retour du tapis, n° 3525
La Nuit du chien, n° 3526
Le Coin des ânes, n° 3566
Troubles au Caire, n° 3620
La Belle du Nil, n° 3692
Le mamour zapt enquête sur une noyée… étranglée retrouvée puis disparue sur les berges du Nil à l’aube du XXe siècle.

Rien n’ arrête le mamour zapt !
Le « mamour zapt » est le commissaire politique britannique du protectorat égyptien. Sa tâche n’est pas aisée car il doit composer avec les nombreuses ethnies et religions du pays au début d’un XXe siècle trouble et agité. La vie d’Owen – que l’on a découvert avec Le Retour du tapis (10-18 coll. « Grands détectives » n° 3525) – est d’autant plus épique et épicée que la belle mais emportée Zeinab refuse toute relation charnelle le temps que son enquêteur d’ami n’aura pas résolu une affaire bien mystérieuse. Et Zeinab est une entêtée de première. N’en déplaise à Owen.
Alors, l’affaire, qu’elle est-elle ? Un cadavre de femme a été repéré sur les berges du Nil. Le problème c’est qu’il a disparu entretemps. Œuvre de policiers qui ne voulaient pas travailler et l’ont donc repoussé dans le fleuve ou de mendiants toujours à la recherche de ce qui pourrait avoir une valeur marchande ? Il va falloir se renseigner. D’autant qu’une femme a disparu du bateau du prince Narouz, l’héritier du khédive. Voilà de quoi intriguer Owen. La police du Caire est déchargée de l’enquête alors que le mamour zapt se voit mettre une pléthore de bâtons dans les roues.
Pendant ce temps-là, dans la ville en ébullition, les caches d’armes pullulent et le trafic foisonne. Quand une tombe est profanée et que la famille à qui appartient le caveau vient en fureur se plaindre auprès d’Owen, celui-ci intervient avec rigueur et circonspection. La tombe serait vide si elle ne regorgeait pas d’armes ! Plus loin, une sépulture n’est pas en reste. Profanée elle aussi. Owen compte bien y retrouver le cadavre manquant. Sa surprise est grande quand il en découvre un autre en plus : celle de la belle du Nil. L’enquête est relancée. Rien ne pourra arrêter le mamour zapt. Le passé de cette ténébreuse indigène se révèle alors devant un commissaire stupéfait. Une sombre machination qui pourrait ébranler les arcanes d’un pouvoir déjà fragile apparaît peu à peu.
Cette cinquième aventure du « mamour zapt » n’a en rien perdu de son allant. Entre exotisme et Histoire, entre sueur et thé brulant, Michael Pearce use de psychologie pour tenter de nous faire entendre une époque qui fait rêver. Owen n’est pas un Européen comme les autres. À l’inverse de ses compatriotes, il est capable de se fondre dans la foule pour mieux la sentir et la comprendre. Ce jeune homme aux milles tourments est plus que sympathique. Son humanisme n’est pas à mettre en doute. On apprécie ses incertitudes et surtout ses doutes et ses errements. Sa maîtresse n’est pas non plus étrangère à l’attachement que l’on ressent pour lui. Digne d’un roman de Pierre Drieu La Rochelle (comment ne pas penser à Béloukia ?) ou plus prosaïquement d’une égérie des Mille et une nuits, cette dernière nous enchante par son profond décalage, sa déraison et son port altier qui en fait une princesse orientale issue d’un tableau de Delacroix.
Hormis le premier récit – Le Retour du tapis – les autres peuvent se lire dans n’importe quel ordre même si une lecture chronologique est appréciable.
Les aventures du mamour zapt, aux éditions 10-18 :
Le Retour du tapis, n° 3525
La Nuit du chien, n° 3526
Le Coin des ânes, n° 3566
Troubles au Caire, n° 3620
La Belle du Nil, n° 3692
julien védrenne
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Michael Pearce, La Belle du Nil (traduit par Michèle Valencia), 10-18 coll. « Grands détectives » (n° 3692), avril 2005, 255 p. – 7,30 €. |
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