Anne Perrin, Tu la baises & Lui dit-elle

Mariée basse

Existe dans ces deux livres en miroir une sorte de maïeu­tique ana­ly­tique. Elle adopte un détour poé­tique, dia­lo­gué et nar­ra­tif. Cer­tain moments pour­raient faire croire à une une para­noïa diri­gée et orches­trée tant les rap­ports qu’entretiennent deux per­son­na­li­tés sont plus étanches que poreux en une folie à deux.
Dans ce délire amou­reux existe pour­tant une sorte d’objectivité de l’interprétation. Elle se centre de facto sur la ques­tion de la femme ins­tru­men­ta­li­sée par son propre amour. Elle exprime aussi une réa­lité psy­chique qui vise bien à intro­duire une dis­tance avec la pas­sion que l’amant suscite.

Les deux livre semblent les contre-modèles l’un de de l’autre : de fait, ils se répondent en levant le sceau du secret sans toute l’impudeur que le titre Tu la baises feint de lais­ser fil­trer. Le feu couve mais pas for­cé­ment celui qu’on croit.
Res­tent mal­gré tout long­temps “les eaux / fusion­nantes / de ce salaud / qui me hante”.

Il est en consé­quence des flammes qui brûlent tel­le­ment qu’à force de les arro­ser celle qui les subit finit (presque) par se noyer. Seul un der­nier sur­saut et une lettre sans doute écar­late per­mettent un pas au-delà.
Avant que le silence danse autour de celle qui s’est livrée à une sorte de démence reven­di­quée comme telle : elle donne aux deux livres une rare intensité.

lire notre entre­tien avec l’auteure

jean-paul gavard-perret

Anne Per­rin, Tu la baises & Lui dit-elle, Z4 édi­tions, Le Mon­thury, 2019, 114 p. & 144 p. — 12,00 € & 14, 00 €. 

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