Christian Bobin, Un bruit de balançoire
L’homme des forêts et qui cultive sa bure de fête fait croire une nouvelle fois que tout pour lui signe et éveil jusque dans l’exercice du sommeil. A lire son livre, il vient vite. Sous forme de lettres à tout et à rien, à hue et à Diafoirus, le livre se veut celui des gratitudes aux destinataires – personnes ou choses. Le nouveau Saint François d’Assise en remet une couche côté zozios tel un cave du Vatican. Le noir du monde devient lumière là où les bons sentiments sont plus que jamais présents et se veulent bombes thermonucléaires de l’apaisement.
On aime ou on déteste : et suivant le point de vue, le lecteur dira que le « on » en question demeure con ou sage. Toujours est-il que l’auteur propose des prolégomènes à tous les religieux du monde quelle que soit leur maxi-robe et leur ton sûr.
L’auteur reste l’apaiseur de tourner en rond. Il regarde passer le temps, distille une eau qui dort, bénédiction du vivant. Sorte de moine Zen, il demeure le bouddha blanc, l’Ernst Jünger du pauvre pour classe laborieuse. L’écriture est naïve plus que simple.
C’est du catéchisme papal, écrit d’une main pour faire vibrer l’âme de l’autre. Cela force le respect et mérite une médaille de bonze.
jean-paul gavard-perret
Christian Bobin, Un bruit de balançoire, L’Iconoclaste, 2017

One thought on “Christian Bobin, Un bruit de balançoire”
Bien vu. Et merci de le dire.