Irzouts, Deluxe
Les mollets ravis ou quand Irzouts est dans les « clous »
Irzouts manie lenteur et vitesse, le luxe auto-mobile et l’écologique de la façon la plus classieuse et drôle qui soit. Exit le moteur qui n’engendre que des douleurs. Tout chez lui, et comme dans la peinture, est affaire de cadre. Les bicyclettes en gestation deviennent mythiques.
Preuve qu’on n’a besoin de personne en Harley-Davidson ou en Chevy des 50’ lorsqu’à leurs sons exagérément forts fait place la seule musique bien douce du vent dans les cheveux – entre autres ceux de l’artiste Cornelia Eichorn, pilote d’essai et amoureuse du créateur.
Les formes stylisées des bécanes se métamorphosent. Aux cycles Liberia et Mercier de jadis se substituent de petites reines qui deviennent stars d’une nouvelle vague célérifère. C’est un régal des yeux et d’une originalité innovante bien plus qu’ « agrémentale ».
L’humour est là pour abolir l’écart entre le véhicule le plus basique et les prolongements phalliques que furent jusque là les roadsters et autres conduites intérieures. En Sisyphe cyclonique, Irzoutz accorde à ces machines décapotées tous les attributs des grandes. Par multiplications de customisation, le moindre pédalant peut frimer à sa guise. Les princes n’ont plus besoin de carrosses ferrarriques : deux roues (trois au besoin pour ceux qui manquent d’équilibre ou sont souffreteux) suffisent au intrépides.
L’avenir est donc dans le deux-roues. Et même pour les cyclothymiques. Il permet non seulement au lard de fondre mais à l’art d’avancer. S’il y a durée dans le cycle, ce n’est plus dans le temps mais dans les avancées d’un créateur dont les dynamiques contiennent forcément des abandons mais surtout des compléments. Ils font du vélo l’attelage mythique du nouveau monde.
Aux condottieres des highway font place les boucaniers des Galibier.
jean-paul gavard-perret
Irzouts, Deluxe , Galerie Simple, 26 rue du Simplon 75018 Paris, du 9 au 26 juin 2016.