Louise Chennevière, Faire la peau

Louise Chennevière, Faire la peau

Ce livre est une opération – entendons ouverture – à ce qui fut entrepris au nom d’une mère pour le moins abusive… Louise Chennevière reconstruit son histoire en mettant des mots où, petite fille, elle n’avait pas droit à la parole. Ici elle « lui » revient dans un livre puissant. Jaillissent – là où il n’y avait que son propre mutisme – insultes, humiliations d’une mère autant narcissique et perverse.
Le texte est l’occasion de lui répondre et bien plus que lui couper son caquet ! La rupture arrive enfin – même si là où souvent le commencement est la répétition – et demeure l’aveu d’un amour presque fou : « Parce que je sais, ce que tu n’as jamais voulu savoir toi, ce que tu m’as toujours refusé, je sais que je t’ai tellement aimée, autant qu’une enfant peut aimer sa mère », écrit l’auteure.

Tout est bouleversant dans ce qui tient d’une cérémonie des adieux terrible (là où le mot « maman » est prononcé une dernière fois) qui ne peuvent avoir lieu que dans l’écriture. L’acte d’écrire rend ici un hommage à la littérature et à la telle vie d’une petite fille en cet à Dieu en place à l’adieu à une déesse ou qui en tenait lieu.

Louise Chennevière, Faire la peau, P.O.L., 2026, 288 p. – 21,00 €.

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