Kristian Novak, Tzigane, mais le plus beau de tous

Kristian Novak, Tzigane, mais le plus beau de tous

Sandokan, dit Sandy, est un jeune Tsigane volontaire, débrouillard. Il accepte toutes les tâches, même les plus mal payées pour intégrer la société croate et sortir de la condition où le place son lignage.
Milena est une femme un peu rebelle, revenue de tout.
Nuzat un Kurde de Mossoul, en route vers Calais, se pose quelques temps dans la région.
Plančić est chargé des relations publiques au commissariat de police de Zagreb. Il est droit et vit pour faire éclater la vérité.

Bien qu’elle soit plus âgée, Milena et Sandy vont se trouver et vivre une histoire d’amour.
Un crime particulièrement violent, est commis dans cette région rurale du nord de la Croatie, entre la Drave et la Mura. C’est la Route des Balkans, cette région où Croates et Roms peinent à s’entendre bien que voisins depuis des décennies. Une enquête est ouverte. C’est alors un bouleversement de l’équilibre instable des communautés dans différents villages. Les accusations sont lancées et le migrant est le premier désigné. Mais, la révélation de l’union de Milena et Sandy…

À travers ces quatre voix principales, le romancier compose un récit d’une belle actualité tant il s’appuie sur des thèmes à la résonnance européenne tels que l’immigration, les rapports entre minorités et majorités, les fractures sociales et les préjugés qui restent encore si ancrés dans les mentalités. Il traite ainsi de la xénophobie, la peur, le rejet de l’autre, la violence et les nettoyages ethniques.
Il dénonce ces théories racistes, ces accusations non fondées, ces déclarations populistes que des individus sans morale ni humanité se complaisent à propager, à répéter jusqu’au dégout. Mais il éclaire cette noirceur par une histoire d’amour, fragile, lumineuse, presque impossible dans la durée par la pression de l’environnement.

L’histoire remonte les fils d’une existence pour tenter de comprendre comment une telle tragédie devient possible. Très vite, la question n’est plus de savoir qui est l’auteur du crime, mais de révéler ce qui, en profondeur, a pu mener à de tels actes.
Tzigane, mais le plus beau de tous, est également le titre d’une chanson populaire qui célèbre la beauté d’un jeune homme en soulignant son sang, comme un regret, une excuse.

Kristian Novak signe un texte magnifique, équilibrant, avec une belle maîtrise, une profondeur humaine et une puissance narrative, qui mêle l’intime à la tragédie politique.

Kristian Novak, Tzigane, mais le plus beau de tous (Ciganin, Ali Najljepši), traduit du croate par Chloé Billon, Les Argonautes, août 2026, 512 p. – 24,90 €.

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