Une femme libre – entretien avec Clotilde Pratt (De nu vêtue)

Une femme libre – entretien avec Clotilde Pratt (De nu vêtue)

L’œuvre de Clotide Pratt traduit une forme de poétique de l’existence extrêmement rare, riche, intelligente et réfléchie toujours en de justes visées. Dans son dernier livre, quand elle pose, elle est un personnage avec la nudité pour seul costume. Poétesse, slameuse, autrice d’un seule en scène sur le tabou de l’inceste, la Strasbourgeoise est aussi modèle vivant. Un métier méconnu et singulier, dont elle partage l’intimité dans son livre De nu vêtue, paru aux éditions Tarmac. Dans la société, elle défend les enfants et les femmes dont la violence n’est pas un accident mais un principe de fonctionnement. A sa manière, c’est une Adèle Haenel qui, comme elle, reste altière et insoumise, discrète et responsable. Dans son dernier livre, elle est un corps mais aussi une voix et une âme.

A quoi avez-vous renoncé ?
A une vie de famille.

D’où venez-vous ?
D’un pays où fleurissent les jacarandas.

Qu’avez-vous reçu en « héritage » ?
La loyauté.

Un petit plaisir – quotidien ou non ?
Par toutes les saisons, j’aime me baigner en rivières, lacs, oueds ou mer…

Comment définissez-vous votre vision de vous et des femmes ?
Pleines de ressources, combatives, ingénieuses, en perpétuelle métamorphose pour prendre notre place là où le monde ne nous attend pas.

Quelle est la première image qui vous interpella ?

Une image féerique des Corso Fleuris à Sélestat, défilés de sculptures géantes conçues qu’avec des fleurs.

Et votre première lecture ?
De ma première lecture, avant tout une voix, celle de Gérard Philipe qui me berce enfant avec Le petit prince de Saint-Exupéry.

Quelles musiques écoutez-vous ?

Tinariwen, Suzanne, Feu Chatterton, Babx, Pink Floyd, Anouar Brahem, Walid Ben Selim, Clara Yse, Dominique A.


Quel est le livre que vous aimez relire ?
« Levez-vous du tombeau » de Jean-Pierre Siméon , « Une chambre à soi » de Virginia Woolf.

Quel film vous fait pleurer ?
« In the mood for Love » de Wong Kar-Wai.

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ?
La détermination.

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
A mon amour impossible.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?

L’oasis de Figuig, La citadelle d’Aït Ben Haddou, Istanbul, La route de la soie.

Quels sont les artistes et écrivains dont vous vous sentez la plus proche ?
Sylvie Germain, Gabrielle Filteau-Chiba, Niki Saint-Phalle, Marguerite Duras, Le Clezio, Titouan Lamazou,
Alexandra David Néel, Nicolas Bouvier, Clara Yse, Suzanne, Neige Sinno, Adèle Haenel.

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Un billet d’avion pour voir mon amie iranienne à Téhéran dans un Iran libre.

Que défendez-vous ?
La liberté.

Que vous inspire la phrase de Lacan : « L’Amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas »? Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes.

Que pensez-vous de celle de W. Allen : « La réponse est oui mais quelle était la question ? »

Toujours dire Oui à la Vie !

Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
Que signifie pour vous être libre ?

Entretien réalisé par jean-paul gavard-perret, pour lelitteraire.com, le 26 septembre 2026.

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