En ondes
(Bec haut)
Tu es de celles et ceux où rien ne leur semble impossible. Tu t’arraches au pessimisme de la peur non en te prétendant surhomme ou surfemme. Tu vis sensible à des beautés que tu rends éclatantes. Ta sensibilité devient ton génie. Et ta force de commencer est égale à ta réceptivité. Même si tes blessures ont parfois pu te contraindre, tu gardes ta faim, ton instinct, ta solidarité et tes étincelles d’allégresse jamais remplacée par un sommeil hivernal.
Tu représentes sous nos yeux, au-delà du pathétique d’une humanité, l’abyssal mystère de l’être nu à travers la nature première. Ton ivresse secrète ne brise jamais le bonheur où peuvent s’accomplir des existences voisines et lointaines. Face au négatif, tu ne représentes jamais la « mélancolie irritée » (Baudelaire). Tu montres bien plus. Et par toi, à nous de savoir sur quelle vague de l’océan tu flottes – et parfois nous sommes nous-mêmes dans celle-là.
Il n’y a rien de plus simple, osé, innové, coloré que ton œuvre. Elle provoque le destin de tous les hommes ou autres animaux. Tu expérimentes par toi-même, l’insatisfait, l’insatiable, l’indompté voire l’être de l’éternel futur. Il ne trouvera plus le repos devant ton œuvre qui s’enfonce dans la chair du passé, du présent et de l’avenir.
jean-paul gavard-perret
Photo : Osvaldo Salas