A l’ombre des oublis
Tu as rêvé de toi bien avant de naître, tu as vu l’avant-scène de mondes qui se forment et se désagrègent comme des poussières en orbite sur la partition de l’éternité. Tu flottes encore dans ton rêve inachevé au bord de l’océan primordial au soupir de la vie. Tes parfums, ta sueur s’emperlent d’émotions vives. Rappelle-toi : elles ne sont pas ta douleur mais ta liberté d’être et de penser.
Et tu affirmes toujours que ton amour infini jamais ne trahit. Tu restes simple à l’horizon de tes possible et, dans ta rosée, la graine rengorge ton fruit au creux de ton lierre. L’espoir en ce sillon ne se recroqueville jamais : il caracole. Et en massant de la sorte le cœur des hommes, ceux-ci retiennent en toi leur respiration.
jean-paul gavard-perret
Photo : Cindy Sherman