Stefania Galegati, Isola delle Femmine (exposition)
Une île emblématique, entre activisme et participation
L’exposition finale du projet Isola delle Femmine de l’artiste Stefania Galegati est présentée au Mare Memoria Viva Urban Ecomuseum à Palerme. Le projet de Galegati a des racines lointaines et, ces dernières années, il n’a jamais cessé de vivre et d’évoluer. Il est né de l’initiative d’un groupe de femmes et d’un processus collectif amorcé en 2017, partant d’un rêve : celui d’acheter physiquement l’Isola delle Femmine, au large de Palerme – actuellement propriété privée et réserve naturelle – via le financement participatif impliquant toute personne qui se reconnaît dans le féminin.
L’idée directrice est d’acheter l’île « pour la laisser tranquille » et la protéger, en explorant des formes de mutualisme et de protection du bien commun. Le travail de l’artiste joue donc efficacement sur les concepts de distance et de désir : l’île, toujours et seulement vue de loin, destination touristique ou naturelle, désirée et observée, devient ainsi un dispositif multiplicateur d’imaginations et de méditations propositionnelles.
Ce projet s’est développé sur une période de plus d’un an, devenant le pivot d’un réseau international d’artistes, d’activistes, de commissaires, de personnes et de citoyens, qui a relié la ville de Palerme à plusieurs « suds émergents », à travers des résidences, des ateliers, des réunions et des débats. L’exposition de Palerme présente le résultat des expériences articulées de l’artiste en une œuvre multimédia complexe incluant un hologramme, un dispositif configuré comme une image éthérée de l’Isola delle Femmine, qui joue avec et met en avant l’idée de « distance » et de désir.
Dès lors, le « Manifeste Infini » est réalisé sous plusieurs formes et dont une partie est également consacrée à l’idée de chercher une île sans nom et de la nommer « Pulau Betina » (Île des Femmes en indonésien), ouvrant ainsi la réflexion sur les îles et le colonialisme. L’œuvre enrichit la collection civique par des pratiques situées et participatives en interaction avec les lieux et les communautés.
jean-paul gavard-perret
Stefania Galegati, Isola delle Femmine, Ecomuseo Urbana, Mate, Memoria viva, Palerme, jusqu’au 28 novembre 2026.