Isa Sator, ouverture de son atelier à « Magic City »

Isa Sator, ouverture de son atelier à « Magic City »

Pour Isa Sator et par sa peinture, la libido est perçue comme le fruit du péché originel. Mais elle transfigure le corps bien loin de la plate pornographie en jouant jusqu’à des proximités touchantes d’une certaine abstraction. La créatrice va à contre-courant des idées voire de Saint Paul lorsqu’il écrit : « fuyez la jouissance ».
Dès lors, peindre reste pour Isa Sator – « coloriste universelle » – la manière de vivre non selon la chair mais selon l’esprit. En conséquence, chaque regardeur peut devenir un de ses croyants mais pas pour aspirer à prendre part à la Vie éternelle du royaume de Jésus-Christ. Il se rapproche davantage de l’artiste capable d’animer par la puissance de ses formes et couleurs l’âme et ses ardeurs corporelles.

Dans sa peinture, elles semblent parfois presque insensées. Chérissons donc ces femmes auxquelles l’artiste accorde une consistance en leur donnant l’existence d’un souffle mystérieux par effet de quasi métaphore. Tout dans ses toiles voltige, ses héroïnes devenant des sortes de funambules et « filambules ». En surgit une histoire du regard, mais autre chose encore et comme au dedans des yeux.
Cette peinture défait les liens du visible pour que l’insaisissable prenne paradoxalement « corps » et afin que l’éternel absent si présent reçoive une densité profonde en divers types de filaments. L’art le révèle : tiré hors du sommeil de larve, il devient papillon, de quark en quark, dans l’espace que nul ne peut penser – sinon la créatrice. En ses sortes de fugues faisant parfois de subtiles barrages, jaillissent des formes en diverses possibilités de cadences.

Isa Sator, Ouverture de son nouvel atelier – Saint Ouen, 2026.

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