Véronique Sablery, Le papillon

Véronique Sablery, Le papillon

Dans le travail de Véronique Sablery, ses images deviennent étrangement hors des concepts surréalistes, existentialistes – et pourtant ! Ses œuvres dans leur huis clos se font ouverture et envol vers l’éther. La magie de la couleur et de la pose fait qu’ici tout échappe à la vulnérabilité. Chaque « pièce » devient une chambre du paradis là où le regardeur peut enfin rêver d’harmonie et de paix dans le jeu du nimbe, de la nuée.
Pour une telle artiste, créer est un acte, pas une théorie. Une chair se recrée, ouvre le creux et le plein. Loin de tout nœud de résistance, le monde bascule sans roue, là où fleurs ou papillons font pan ! sur le paon.

« Le papillon » raconte, évoque, surmonte, s’envole même si dans ces séries de l’artiste un(e) poète les accompagne : « Nuages » est joint d’un texte de Théophile Gautier, « Fleurs innommables » inspiré d’une poésie d’Anna de Noailles, et dans cette nouvelle série Alphonse de Lamartine évoque sa folle sagesse.
Mais nous sortons ici autant des (beaux) mots que du réel. Toute image est énigme, mystérieuse. Si bien que de telles œuvres deviennent des « Road-mot-vie » sans road, sans movie : juste l’image où demeure l’éloge de la fixité. La fleur ici n’est jamais carnivore et elle redevient inconnue dont sourd la pulsion, la force d’affect, la fragilité de femmes spiralées. Elle est bien plus qu’une grotte – et quoique fixée – elle devient derviche. Se caresse alors la vie inatteignable, la vie en « soie ».

Jusqu’au bout des effets de gouaches, Véronique Sablery crée de subtils autoportraits sans pathos et sans symbolisme : juste l’élan vital. Il arrive que face à de tels fleurs il éprouve une curiosité vis-à-vis de ce qui est érotique et sexuel avant de s’éveiller. Mais chaque fois un mécanisme d’attraction se produit sous des voiles où tout devient apparition dans la puissance de l’air. Ici, la sublimation provient d’une telle habileté et – extrême politesse – sans la moindre arrogance et pas plus la peur.« Je me sens très bien comme ça », semble dire Véronique.

Véronique Sablery, Le papillon, éditions Cahiers du temps,, coll. grand carré plié, 2026. Sur commande dans cette édition à la rubrique art leporello aux éditions Cahiers du temps.



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