Valérie Jouve, Du temps, un souffle

Valérie Jouve, Du temps, un souffle

Chez Valérie Jouve, une certaine absence de vue est programmée afin de créer une errance nécessaire. Ce qui est montré n’est plus ce qu’on voit souvent à travers les images : la trahison par le mensonge de l’exhibition de seuls temps forts. L’artiste se refuse à expulser le « temps mort ». Elle insiste même sur ce seul temps comme elle insiste sur le paysage uniquement lorsque l’ombre l’envahit. A « l’image-mouvement » de Deleuze, répond ici l’image « louvoiement » qui, donnant un lapin au contexte, lui accorde une signification pleine par son « vide » apparent.

Une émotion nouvelle surgit là où il n’y a que dissolution mais en même temps mise en scène de l’ombre (colorée dans la peinture). Valérie Jouve pratique un geste essentiel au moment où de partout (et de nulle part) le monde nous submerge d’images. Pour la plasticienne, il n’existe pas d’image de soi car l’image (fût-elle d’éros) ne va plus d’elle-même. Le spectateur est à la fois isolé et fasciné au sein d’une présence en creux où il n’y a plus d’individualisation mais seulement une évocation de désintégration de l’être ou des choses. En émergent son ombre mais aussi son aura dans lequel un féminisme implicite fait son chemin.

Valérie Jouve, Du temps, un souffle, Édition Xippas, Textes de Philippe Dagen & Michel Poivert, 2026, 56 p. – 20,00 €.

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