Susan Barker, L’étreinte des ombres
Face à une créature fascinante et infernale…
Jake et une femme très élégante arrivent trop tard pour l’embarquement à l’aéroport de Kansai. L’hôtesse leur retient des places sur un vol, le lendemain. C’est en allant chercher à dîner que Jake revoit cette femme qui le reconnaît. Ils échangent quelques mots sur leur situation, vont dans un bar et finissent dans la chambre de Mariko. Elle a bu, n’est pas bien, se laisse aller à des confidences. Elle raconte la mort de Hiroji, son frère jumeau, dans des circonstances étranges. Celles-ci interpellent Jake qui a vécu une situation similaire avec Lena, son amie d’enfance. Tous deux ont croisé, quelques temps avant leur décès, la route d’une femme séduisante qui se présente comme photographe.
Le lendemain, elle n’est pas à l’aéroport, mais une hôtesse remet à Jake un message de Mariko où celle-ci indique un prénom, Ingrid, et un numéro de téléphone international. Et, en Allemagne, Jake rencontre Ingrid, la veuve d’Hiroji, et son fils. Elle lui raconte son histoire, son amour pour cet homme, leur pratique du Butô cette danse particulière, jusqu’au moment où ils croisent Damaris, une femme très séduisante qui pratique la photographie.
Jack comprend qu’il doit retrouver cette femme à tout prix avant qu’elle ne détruise d’autres vies sans savoir que, dans les Badlands, Rosa est en voiture avec une dame pour faire des photos…
Old Soul, traduit en L’étreinte des ombres, raconte une histoire de traque teintée de fantastique tout en étant ancrée dans le monde actuel. Le récit alterne les différentes rencontres de Jack qui, peu à peu, doivent l’amener vers le but de sa quête, et les tribulations de cette femme mystérieuse.
La romancière conçoit son intrigue en deux phases principales qui vont se réunir pour le meilleur et pour le pire. Mais, sait-on jamais comment un auteur souhaite traiter ses personnages ? Et surtout, comment ces derniers peuvent réagir ? C’est aussi l’occasion de décrire des activités spécifiques aux pays visités comme, par exemple, le Butô, cette danse-théâtre initiée au japon.
C’est également un roman sur le mal, sur le culte de l’image. On se trouve entraîné à travers les époques, les continents, dans un univers envoûtant. L’auteure anime une galerie étoffée de protagonistes d’où émergent quelques figures qui restent présentes à l’esprit bien après avoir refermé de livre. C’est ainsi que l’on fait la connaissance, entre autres, de Bedwyr, Jürgen, Zsòfi, Theo…
Susan Barker, d’origine sino-britannique, a déjà publié quatre romans, qui ont été sélectionnés pour des prix littéraires. Le présent ouvrage, paru en 2025 aux Royaume-Uni, est son premier roman traduit en français.
L’étreinte des ombres se lit avec un grand intérêt pour le développement maîtrisé d’une intrigue en tension qui mène vers un dénouement dantesque et peu prévisible.
serge perraud
Susan Baker, L’étreinte des ombres (Old Soul), traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Valentine Leÿs, Éditions Dalva, une marque des Éditions Robert Laffont, Mai 2025, 528 p. – 24,00 €.