Rhys Bowen, Son Espionne royale – t.15 : « Noël meurtrier à Sandringham »
Des fêtes de fin d’année en tension…
Cela fait quatre mois que Georgiana est mariée à Darcy et Noël approche. En tant que chatelaine d’Eynsleigh, elle doit organiser une fête, une partie de campagne. Elle dresse la liste de ceux que le couple voudrait voir autour de lui, s’interroge sur ceux qui viendront, ceux qu’il faut éviter et envoie les invitations.
Parce que le couple doit satisfaire à la tradition culinaire relative au pudding, Georgie comprend que Queenie ne pourra pas assurer un repas correct. Elle part en chasse d’une cuisinière digne de ce nom si elle veut que les fêtes soient réussies. Parmi les réponses qu’elle reçoit, certaines l’enchantent. Or, quand son frère s’invite, elle s’épouvante car il vient avec son épouse qu’elle déteste.
Mais c’est Darcy qui reçoit une lettre d’une tante lointaine qui, veuve, est venue emménager près de sa Majesté dont elle a été longtemps la dame de compagnie. Elle veut les inviter et, faisant part de son projet à la Reine, celle-ci est ravie que sa chère Georgiana soit proche de Sandringham pour lui rendre visite.
Georgie et Darcy ne peuvent répondre que favorablement et comme la demeure de la tante est grande, ils viennent avec leurs invités : le grand-père, la mère et son nazi, le frère et toute sa smala.
Et, bien sûr, quand Georgiana est quelque part, rien ne se passe normalement…
Avec cette série de romans relevant du genre du Cosy Mystery Historique, l’auteure installe ses intrigues dans l’Angleterre des années 1930. Bien que plaçant son héroïne assez loin dans la hiérarchie royale, celle-ci reste en lien avec le sommet de la pyramide. Ainsi, des intrigues peuvent se dérouler au sein de l’univers royal comme le présent texte qui ouvre les portes de Sandringham, le lieu traditionnel où la famille se rassemble pour célébrer Noël et les fêtes de fin d’année.
Or, Rhys Bowen transforme ce qui devrait être un havre de paix en un théâtre de drames successifs. Georgie s’investit dans l’enquête allant jusqu’à faire de Darcy une cible.
C’est aussi une immersion entremêlant festivités et gastronomie anglaise. La romancière restitue cette atmosphère bien particulière des fêtes de fin d’année à l’anglaise, d’autant que l’action se situe entre les deux guerres. Rhys Bowen n’est pas économe de recettes, de traditions culinaires. C’est, par exemple, le rappel que le 25 novembre est la journée du pudding qui oblige les maîtres de maison à mettre la main à la pâte.
Parallèlement, la romancière fait état de la situation historique, politique, de cette fin d’année 1935. Elle décrit les tensions liées au réarmement allemand, à la volonté du parti nazi de régner en maître absolu sur le pays et de loucher sur des territoires proches. Elle ne fait pas l’impasse sur la crise qui s’annonce avec le Prince de Galles et son choix sentimental de Wallis Simpson.
Si l’intrigue policière arrive tardivement, elle se déploie avec talent, reprenant nombre des codes du crime en vase clos, où tout le monde peut être suspecté, jusqu’à un dénouement surprenant.
Le style est léger, les dialogues sont savoureux, laissant passer un humour allant d’un ton bon enfant jusqu’à un certain cynisme.
Ce nouveau tome ouvre agréablement sur une nouvelle atmosphère hivernale, dans la tradition aristocratique britannique, avec une intrigue policière attractive.
serge perraud
Rhys Bowen, Son Espionne royale – t.15 : Noël meurtrier à Sandringham (God rest ye, Royal gentlemen) traduit de l’anglais (Angleterre) par Blandine Longre Robert Laffont, Coll. La Bête Noire, octobre 2026, 368 p. – 14,90 €.