Rachael Dunville, exposition

Rachael Dunville, exposition

Rachael Dunville : les attentes

Rachael Dunville se fait voyeuse. Enfin presque. Elle n’est pas de celles qui restent face aux fenêtres pour surprendre les êtres : elle s’introduit à l’intérieur de leurs décors pour photographie le champ de leur intimité. Enfin presque, là encore. Elle s’arrête jusqu’au lieu où la limite de la morale le permet.
L’approche est insidieusement ironique et ses personnages deviennent les victimes consentantes de ses prises.

En miroir au désir du voyeurisme se précise comment la poésie visuelle ouvre sur des abîmes et parfois des clartés. Chaque image fait sauter les carcans de l’intimité, les « décorsète » sans évoquer le plaisir mais juste en signifiant des attentes. De telles visions ne touchent pas à notre plaisir et donc à nos possibilités d’angoisse puisque de telles incursions s’arrêtent sur un seuil. Et sans aller jusqu’aux inaccessibles plis de l’ineffable.
La créatrice évoque juste ce qui se matérialise dans le clair-obscur, sans bruit et sous des apparences d’un amorphisme ou d’un « suspens ».

jean-paul gavard-perret

Rachael Dunville, exposition, Daniel Cooney Fine Art, New York, 2018.

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