Pierre Vinclair, L’éducation géographique
L’oeuvre vraie du monde et sa romance
Par les 25 chants de la première étape de sa tétralogie, Pierre Vinclair continue à accompagner sa vie de son écriture. Sa production est abondante : parfois ses livres sont secondaires, parfois bien plus conséquents. Comme ce « livre des lieux ». Il jouxte ses voyages (Rome, Hong Kong, Kyoto, Genève, La Baule, etc.).
Tout part souvent d’un carnet où l’auteur met ce qui, dans le réel, frappe son intimité subjective.
Le rapport immédiat à la réalité est repris dans l’écriture qui passe de la « brutalité » de l’observation et de l’émotion à la réflexion. Parfois trop peut-être, mais c’est là un « geste » qui tente d’intensifier l’expérience première. Le carnet « visible » dans ce livre reste donc essentiel à la songerie pour créer l’oeuvre vraie du monde et sa romance qui le mène vers un « Où ça » qui n’a pas de réponse.
Le poète reste sensible à la matérialité des choses et des paysages.
L’ensemble est varié, bien des formes de la poésie s’y retrouvent. C’est un peu disparate donc cela manque aussi d’homogénéité. Il semblerait plus « fort » de trouver une même forme mais l’auteur estime le contraire.
Il lui faut cette variété pour dire la profusion et voir ce que chaque genre poétique produit à « l’adresse » du lecteur. Mais l’expérience poétique ne demande-t-elle pas cette unité de langage ?
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jean-paul gavard-perret
Pierre Vinclair, L’éducation géographique, Flammarion, 2022, 324 p. – 25,00 €.