Philippe Comar, Le lien et la grâce

Philippe Comar, Le lien et la grâce

Philippe Comar – plasticien, scénographe, commissaire d’expositions et écrivain – , organise « Le lien et la grâce » en 8 chapitres d’articles d’abord publié en revues, d’actes de colloque et de catalogues d’expositions. Dans la partie « Des Beaux-Arts considérés comme un crime », le sujet reste une fascination pour les scènes de tuerie : Elles sont pour l’essayiste l’archétype de toute photographie qui ne peut trouver « meilleur » objet que celui du gisant.

La dépouille crée paradoxalement une existence. Elle se développe dans ce livre par la représentation de sa nudité mais qui s’étend aux modèles. Mais les origines du monde, certaines figures étranges et le sexe soit désavoués, soit comme pure beauté du mal ouvrent la partie la plus prégnante et la fin du livre : « Ruse des images, Jouissances esthétiques, Glossaire mélancolique ». Existent là d’autres retours aux sensations car ici le corps est moins mort que vivant. D’où l’éblouissement de telles pages.

Certes, l’essayiste prend acte de la mort annoncée du nu en peinture, mais pour lui la peinture abstraite, qui se veut subversive, fait le deuil de la seule chose qui restera éternellement tabou: la nudité, avec tout ce qu’elle comprend de sexualité manifeste ou latente. La peinture abstraite est donc condamnée, au nom des tabous qu’elle manifeste. Mais pour l’essayiste Lucio Fontana, Pollock, le minimalisme ou Supports/Surfaces proposent des liens avec tous les sens. Au-delà du motif (le nu), ils ont inventé une forme particulière de « toucher » qui déborde d’autres sujets que le corps.

Philippe Comar, Le lien et la grâce, L’Atelier contemporain, 2026, 448 p. – 28,00 €.



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