Pauline von Aesch, Mon antérieur visage
Défiguration
Le « vers funambule » (dixit l’auteure) semble grossir parfois chez Pauline von Aesch puisqu‘il paraît glisser vers la prose. Mais en un suspens du temps et de sa scansion ,sans majuscule et de ponctuation finale.
Selon elle, l’auteure invente un « sténogramme » mystérieux et particulier eu égard à la question du vers dans trois sections où l’effacement n’efface rien. Même si, écrit l’auteure, « il ne laisse pas de trace ». Voire… Certes, entre l’être et sa non présence, l’épaisseur se réduit à « un cheveu », et à l’auteure elle-même de se préoccuper de « tenir en l’air ».
Restent là les mots qui ne gardent que ce qu’ils savent pour eux ou ceux qui veulent se faire entendre mais attendent avant de crier. En conséquence, l’être ne se touche plus ou pas. Il subsiste entre « quelques paroles blanchies derrière lesquelles les mots sont noirs ».
Exister relève alors d’un combat intime où la vie reste énigmatique et parfois dispensable ! Mais le minimalisme d’une telle œuvre retient ce qui échappe et fuit même près d’un « bord blanc qui s’effrite ».
jean-paul gavard-perret
Pauline von Aesch, Mon antérieur visage, Éric Pesty Éditeur, août 2025, 96 p. – 18,00 €.