Palais de la BD
Quand lelitteraire dépêche 2 éclaireurs au Palais de la BD…
Le 15 et 16 octobre de cette année s’est tenue la quatrième édition du Palais de la BD. La Conciergerie accueillait cette manifestation mêlant le neuvième art au patrimoine culturel de Paris et conférant ainsi à ce salon une atmosphère toute particulière puisque sis dans une ancienne prison, lieu de privation des droits individuels. Drôle de coïncidence pour un salon indépendant qui représente la liberté de création !
Cette édition avait trois principaux objectifs, qui tous tournaient autour de la découverte et du voyage : l’exposition Toppi, la Route de la soie et le lancement de la deuxième édition du Concours européen de la bande dessinée.
Sergio Toppi, parrain de ce Palais, avait une place de choix dans ce week-end. En effet, la salle des gardes lui était consacrée pour une exposition inédite : la découverte du Tome V du Collectionneur. Nous avons pu apprécié le talent de ce dessinateur italien, artiste peu connu en France. Cette exposition, se prolongeant jusqu’au 13 novembre, est pour lui l’occasion de se faire mieux connaître du public français. Né en 1932, Sergio Toppi a fait ses débuts dans l’animation puis il a travaillé régulièrement dans la presse enfantine italienne. Il se fera particulièrement remarquer chez nous par sa participation à l’Histoire de France en BD, puis à la série Un Homme, une Aventure.
L’inauguration du Palais de la bande dessinée, le 14 octobre, présentait le 2ème « concours européen de la bande dessiné » orchestré par Arte et Glénat. Ce concours ouvert à tous les européens majeurs n’ayant jamais été publié compte, cette année, plus de six cent projets. Deux objectifs : promouvoir les nouveaux talents et favoriser l’éruption de la « bande dessinée européenne ».
Lors de ce salon nous avons pu faire la connaissance du jury composé de douze personnes (auteur, critique, éditeur, et amateur de bandes dessinées). Ce salon, basé sur le thème du voyage, accueillait l’exposition « route de la soie » inspirée directement du voyage de François Dermaut et de Bernard Ollivier. Durant six mois, les deux aventuriers ont retracé un chemin partant d’Istanbul et arrivant à Pékin, en passant par la Turquie, l’Iran, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan et la Chine. Nous nous sommes émerveillés devant les aquarelles de François Dermaut qui redonnent vie à ce périple. La présence de ces artistes était justifiée par la sortie de leur livre qui a trait à leur excursion, Carnet d’une longue marche… 12 000 kms le long de la route de la soie (aux éditions Phébus).
Un des points fort de cette quatrième édition du Palais de la BD se caractérisait par de nombreux partenariats. En effet, la SNCF parrainait des débats / rencontres entre les auteurs tels que Toppi, Dermaut et Ollivier. Ces tribunes ont permis aux personnes du public d’être plus proches de leurs auteurs et de faciliter la compréhension de leurs ouvrages. Pour les enfants, un stand d’initiation à la bande dessinée était organisé par le magazine Pif gadget pour susciter – peut-être dans quelques années – de nouvelles vocations.
Guillaume Verdier (ESAM 1ère année)
Après avoir passer la fouille au corps des gardiens, nous nous sommes aventurés dans ce cocktail d’inauguration du Palais de la bande dessinée, sans réellement savoir où nous mettions les pieds. Nous nous sommes vites senti submergés ; sans accueil nous n’avions plus qu’une seule solution : nous aventurer dans les bas-fonds du salon. Avec un verre de gingembre et deux belles filles à nos côtés, nous nous sommes fondus dans l’environnement.
Notre première impression ? Que le but premier était de vendre des bandes dessinées… Assez décevant donc. Nous ne nous attendions pas à cela en rentrant dans la Conciergerie : l’allure générale de ce salon était assez agressive et poussait à de grands moments de solitude : difficile de trouver quelqu’un pour nous informer.
En continuant notre excursion, « La route de la soie » et « L’exposition Toppi » ont heureusement permis de relativiser ce premier sentiment. Les aquarelles de Dermaut invitaient au voyage et nous transportaient en Orient, les planches de Toppi mélangeaient histoire et savoir artistique. Impressionnant, mais les places pour les incultes de la bande dessinée demeuraient assez restreintes…
Puis grand moment solennel, lors de la présentation du jury du « concours européen de la bande dessinée », douze personnes se sont présentées, les unes après les autres, plus ou moins connues : allant de M. Thorgal (Rosinski) au gagnant du jeu-concours M. Zimmerman. N’ayant fait qu’une brève apparition, nous n’avons pas bien compris leur présence, d’ailleurs certains membres du jury ne savaient pas pourquoi ils étaient ici. La seule raison de la présence au concours européen était, semble -t-il, de donner un caractère officiel à ce Palais.
Ne voulant pas rester sur une mauvaise impression, nous y sommes retournés dimanche et avons été heureux de constater un accueil ainsi qu’un lieu débat actif organisé par la SNCF permettant la discussion entre amateurs, critiques et professionnels, un espace dédicaces et un atelier dessins pour les plus petits. Le salon était déjà un peu plus accessible et plus ouvert à des néophytes de la bande dessinée.
Bref, la quatrième édition de ce salon nous donne des impressions différentes. D’une part ce salon était moyennement bien organisé, certains exposants ne savaient même pas ce qu’ils faisaient là, ou ne connaissaient rien à la bande dessinée ! D’autre part, cette manifestation était un bon moyen de rapprocher le lecteur de l’auteur pour lui donner envie de continuer à lire au travers de débats, séances de dédicaces et expositions. Cela s’inscrivait bien ainsi dans le cadre de la manifestation « Lire en fête ».
Baptiste Pierre (ESAM 1ère année)