Nicola Sansone, Mostra in corso (exposition)
La libre photographie
Cette exposition présente environ soixante photographies en noir et blanc imprimées sur papier baryté avec des tirages argentiques à la gélatine de Nicola Sansone prises des années 1950 à la fin des années 1960, en Amérique, au Japon et bien sûr en Italie. Pour lui, la photographie n’était pas un choix de carrière ni l’exercice d’une profession par simple nécessité économique mais une manière de marquer une période de grande effervescence culturelle.
Le Napolitain débuta sa carrière de photojournaliste en 1949, bientôt rejoint par son jeune frère Antonio. En 1957, avec Calogero Cascio, Caio Garrubba, Franco Pinna et d’autres, ils ont fondé l’agence Realfoto pour documenter la vie sociale et culturelle de l’Italie d’après-guerre, la persistance des traditions et leurs transformations, notamment dans les campagnes et les banlieues, les villages et les nouveaux lieux de rencontre.
Nicola Sansone incarne la photographie comme liberté : celle de voyager et celle de répondre aux seules commandes qui s’offraient à lui. Son propre « journalisme » allait au-delà des usages habituels de la photographie dans la presse italienne de l’époque et découvrait le langage des images comme un outil de dénonciation et de liberté, de subversion et d’indépendance.
À Rome, il travailla aussi comme photographe de plateau et portraitiste à Cinecittà, réalisant des reportages exclusifs sur Stefania Sandrelli, Claudia Cardinale, Monica Vitti et Lucia Bosè. Il fit aussi des portraits d’intellectuels (Eugenio Montale, Cesare Zavattini et Rafael Alberti) et a réalisé de nombreux reportages à l’étranger.
Ses archives, conservées pendant des décennies comme « mon trésor caché » entre les mains aimantes de sa fille Lea, ont refait surface en 2020, lorsque Renato Corsini s’en est emparé, les organisant et les interprétant pour mettre en valeur l’intégralité, ainsi que la valeur artistique et historique, de son œuvre.
jean-paul gavard-perret
Nicola Sansone, Mostra in corso, Museo di Roma in Trastevere, Roma, 2026.