Mise en tropes

Mise en tropes

Notre « connais-toi toi-même » bute toujours sur notre perception. Nous ne pouvons qu’observer notre discordance en échouant à appréhender notre identité. Nous ne nous atteignons pas quoique touchés de donquichottisme, de bovarysme voire d’un moi sans affects. En prétendant à notre sagesse, nous nous exposons au ridicule par notre narcissisme. D’autant que notre moi « de préfecture » obtenu par la carte d’identité ne suffit pas. Nous restons une abstraction de passage.

Des opérations de notre imaginaire, nous tirons moins des épingles que des préjugés renforcés par la rumeur des médias. Ils exercent un ascendant, flattent notre désir et nous croyons incarner un moi plus avantageux que celui de notre identité sociale. En promouvant une ontologie des apparences, nous conjuguons notre nonchalance sous nos stéréotypes en croyant nous dominer plutôt que d’obéir. En parfait Misanthrope, nous ne sommes que sa farce.

jean-paul gavard-perret

Photo : April Fool

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