Marjaana Kella, Blush

Marjaana Kella, Blush

« J’ai choisi le portrait comme sujet », écrit Marjaana Kella. Et depuis près d’une trentaine d’années, la présence de l’autre à l’image, son émanation subtile et mystérieuse, sont au coeur de son oeuvre. Son objectif reste : qu’est-ce que faire un portrait veut dire ? Et la photographe veut interroger la dissociation qui s’opère entre l’état intérieur et l’apparence extérieure.

Elle photographie parfois des modèles qui tournent le dos à l’objectif. Elle sait que, dans le portrait traditionnel, le visage, les yeux, l’expression attirent le regard. « Dès que le visage de l’autre apparaît, il m’oblige », écrivait Emmanuel Levinas, mais en oblitérant cette marque de présence au monde, cette créatrice cherche à attirer l’attention sur l’image elle-même.

Pour une telle photographe, le principe de la méthode expérimentale consiste à faire varier les paramètres d’une expérience afin de déterminer exactement leurs effets sur son résultat. C’est là précisément ce à quoi Kella soumet l’exercice de la représentation. Elle questionne la manière dont les portraits sont réalisés mais aussi la façon dont nous les regardons.

Marjaana Kella , Blush, Vanzoetendaal éditions, 2025, 48 p. – 20,00 €.

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