Louise Brodsky, L’éternité et un jour (exposition)
De Thanatos à Eros
Avec des problématiques venues dès l’enfance, Louise Brodsky crée un monde propre et prend conscience du sens de son travail artistique et de sa recherche graphique visant à comprendre le paradoxe entre plaisir et souffrance, la limite entre soumission et domination, le balancement entre destruction et construction autant dans l’intimité la plus profonde de l’être humain que dans le fonctionnement de la société.
Pour preuve, il n’est pas jusqu’au « Salon de la mort » d’écraser Thanatos par Eros. Chacun des dessins de Louise Brodsky possède en effet une signification personnelle. Ce dessin (ci-dessus) détient « une histoire et signe la fin d’un amour toxique, d’un sacrifice. C’est le dernier geste avant une renaissance. » écrit la créatrice. Il est fait d’après une photo jamais publiée de Irving S. T. Garp.
Ses œuvres décrivent souvent, selon sa volonté, une trajectoire métaphorique et existentielle où l’artiste piétine, repasse par les mêmes voies en recommençant ce qui ne commence jamais et qui nous menace délicieusement et tragiquement. Pour ses dessins narratifs, Louise Brodsky met en scène avec élégance divers jeux entre le subtil et l’arrogant, le secret et l’évidence. Un envers du miroir de nos territoires conquis apparaît sous forme de songe, de rêve que la créatrice découpe en une suite de lieux d’abandon et de liberté. Surgit un espace vacant donc ouvert et presque aussi onirique que discrètement tragique.
Les décors s’arc-boutent. Ils échappent à toute localisation précise et donnent une éternité à cet éphémère de moments soudain figés de manière provisoire. Reste une scénographie essentielle, grave, délétère mais jouissive et érotique. Une telle oeuvre reste à sa manière des plus engagées. Mais à la place des mots d’ordre ce sont les images qui servent de revendication.
jean-paul gavard-perret
Collectif, L’éternité et un jour, Galerie 24B, Paris, du 17 au 27avril 2025, et Galerie Nardone, La Louvière Belgique, 2025.