Louis Philippe Dalembert, Avant que les ombres s’effacent

Louis Philippe Dalembert, Avant que les ombres s’effacent

Ce livre restera sans doute le livre majeur de Louis Philippe Dalembert et pour Haïti. Il traite des Juifs qui ont trouvé refuge dans ce pays pendant la Seconde Guerre mondiale car, en des jours jadis bénis, Haïti a fait citoyen « natif » tout Juif persécuté par le nazisme. Contre la mort promises apparaissent plus que des survivants : des réincarnés qui ne pourront plus être tués une deuxième fois. D’où la motricité fondatrice du romancier qui nous renvoie du connu à l’inconnu dans un pays qui refuse l’impossibilité d` envisager la possibilité de ne rien faire pour les humains.
Dalembert se place toujours dans une position d´extrême réceptivité et tout d´un coup il redécouvre en son pays ce qui le touche. Dans ce livre, tout se joue et tout jaillit devant chaque lecteur parfois abasourdi voire sonné. L’auteur se réclame de l’Histoire et d’histoires intimes et douloureuses.

En sa vibration, ce livre offre une solution et une ascèse. Face à la sempiternelle pénombre le poète tente d’aller vers la lumière du vu, du connu, du caché. Cette fiction devient une suite d’échos et de scènes visuelles là où reste quelque chose d’intemporel mais qui porte la trace d’un passage.
Face au drame nazi, Haïti recréa le monde en passant du macrocosme à un microcosme de l’Ile. Mais Dalembert va plus loin il ouvre vers des spéculations d’ordre métaphysiques. Jaillissent des entropies, une tactilité contre le vide entre l’épaisseur de la mer et la légèreté de l’air mais sur la terre promise. Haïti un temps le fut…

Louis Philippe Dalembert, Avant que les ombres s’effacent, Points, 2026, 288 p. – 9,00 €.

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