L’art bat l’être
(Qu’est-ce que la peinture ?)
Fils de nos terres, l’art est solitaire, lent. Il se vend au marché des autochtones sans cœur, sans crédit, mais espère de la fraîche eu égard au plaisir qu’il propose. Parfois – sans mots mais pour distraire -, il offre un sexe comme oreiller dans l’inertie folle de l’extase (l’œuvre de Marlene Dumas en est le corollaire). Y buvons-nous la soupe des voluptés légales ? Doit-il être encadré ou pendu ?
Chacun prétend le savoir bien qu’il ignore l’essentiel, n’attend rien ni personne. Il s’y emploie ou y est obligé, fait semblant, prétend aimer bien plus qu’il ne peut étreindre et veut être désirer sans s’attacher à personne. D’autres peignent des pin-up en brun artificiel (les blondes n’ont pas d’excuse). Et la couleur fait souvent le bon tableau : s’il est raté, la couleur est mauvaise. Chacun en languit mais après une aussi longue absence, comment est sa venue ? Si son cadavre est exquis, nous dormons avec lui.
jean-paul gavard-perret
Peinture de Marlene Dumas