L’amour des images et du merveilleux : entretien avec la photographe Sarah Seené

L’amour des images et du merveilleux : entretien avec la photographe Sarah Seené

Connaissant les femmes de l’intérieur, Sarah Seené donne de leur sexualité une image différente de celle qu’attendent les hommes comme de celle que proposent les photographes mâles. C’est sans doute pourquoi ses modèles aiment travailler avec elle. Elles se sentent à l’aise et non femmes-objets. Elles ne sont plus des oiseaux et trouvent un malin plaisir à afficher avec discrétion leur côté provoquant et sexy sans se prendre au sérieux.
Le charme se tend de nouveaux arcs. Grain, cadrage serré et décalé, couleurs éteintes offrent un regard différent sur la femme. L’artiste invente des scénographies subtiles. Les modèles s’amusent avec le fétichisme que Sarah Seené met en scène de manière ludique et simple.

De Sarah Seené, Pickpocket, Derrière la Salle de Bains, Rouen, 2015 –  6,00 €.

Entretien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
La lumière à l’aube.

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
Ils sont assez proches de la réalité.

A quoi avez-vous renoncé ?
A l’argent !

D’où venez-vous ?
De Belfort, en Franche-Comté.

Qu’avez-vous reçu en dot ?
L’amour des belles choses.

Un petit plaisir – quotidien ou non ?
Déguster du comté et du vin rouge.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?
Mon prénom et mon nom.

Quelle est la première image qui vous interpella ?
Une photographie (d’une artiste dont je ne parviens pas à me remémorer le nom) exposée aux Beaux-Arts de Belfort, d’un chat figé, prisonnier de la glace d’un lac en hiver. J’avais 16 ans. Cette image m’a marquée pour toujours, par l’étrange beauté qui s’en dégageait.

Et votre première lecture ?
« Les malheurs de Sophie » de la Comtesse de Ségur

Pourquoi votre attirances vers une forme de fantasmagorie ?
Parce que la fantasmagorie est un refuge, un ailleurs inatteignable.

Quelles musiques écoutez-vous ?
Des voix féminines qui m’inspirent : Björk, Emilie Simon, Cocorosie, Katiejane Garside, Rosemary Standley.

Quel est le livre que vous aimez relire ?
« Les belles images » de Simone de Beauvoir.

Quel film vous fait pleurer ?
« Dancer in the Dark » de Lars von Trier.

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ?
Le produit de 28 années de questionnements, de doutes, de persévérance, de vie en somme.

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
A personne. Si j’en ai véritablement envie, j’écris même si j’ai peur.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
Saint-Malo, la ville de toutes mes inspirations.

Quels sont les artistes et écrivains dont vous vous sentez le plus proche ?
Tim Walker (photographe), Collette (écrivain), Emilie Simon (musicienne).

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Mes amis de France qui viendraient me voir à Montréal !

Que défendez-vous ?
La liberté, toujours.

Que vous inspire la phrase de Lacan : « L’Amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas »?
Je ne suis pas d’accord avec lui, l’amour c’est un échange, une volonté de donner et de recevoir à la fois, un équilibre.

Que pensez-vous de celle de W. Allen : « La réponse est oui mais quelle était la question ? »
Etes-vous en accord avec votre réponse ?

Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
En quoi aimeriez-vous vous réincarner ?

Présentation et entretien  réalisés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 24 janvier 2016.

 

Laisser un commentaire