Josef Ciesla, Chemins du vent (exposition)
A la lumière du temps et de sa sagesse, Josef Ciesla n’a jamais voulu faire de celles et ceux qui aiment ses œuvres des victimes d’une hypnose. L’œuvre demande une pénétration afin de comprendre toute la tendresse qui s’y cache parfois de manière violente. De tels travaux ne peuvent s’affronter avec un regard de passivité. Toute l’œuvre multiplie des mouvements. Il s’agit parfois de pénétrer des situations intra-utérines où Ciesla dessine ou incise des passages. Parfois, à l’inverse, les architectures deviennent érectiles, triomphales.
Les visions agressives comme les amoureuses ne sont jamais tout à fait dissociées là où jaillissent l’image du monde et une méditation sur son sens. S’inscrivent des trajets hantés par la nostalgie dans le but de rejoindre l’ancien « domus » une fois le chemin accompli.
Ciesla présente donc les chemins de sa quête. Elle ne cherche pas à engendrer des reflets mais une profondeur de vue. Eros parfois semble devenir oiseau mais il garde en mémoire des fantômes de bien des ténèbres. C’est pourquoi une telle œuvre exige un effort. Elle pousse à descendre aux royaumes des vivants, avec leurs sentiers de naufrageurs parfois hideux, mais ramène là où les Lyciennes mettent en fuite les guerriers.
Existe donc le mystère de bien des dévoilements. Soudain ce ne sont plus les images qui portent des voiles : c’est nous. Preuve que Ciesla reste le grand poète des formes puisqu’il les réinvente.
jean-paul gavard-perret
Josef Ciesla, Chemins du vent, chez Jacques Fabry, La Collection de La Praye, Fareins 01480, du 16 juin au 8 juillet 2018.

One thought on “Josef Ciesla, Chemins du vent (exposition)”
Exactement !
Mp