Jean-Claude Servais, La Faune symbolique – t.04 : « La Femme-chat »

Jean-Claude Servais, La Faune symbolique – t.04 : « La Femme-chat »

Après le renard, le cerf et le corbeau, Jean-Claude Servais approche un autre animal prodigieux, le chat. Celui-ci suscite un attachement sans limites où est le sujet de noires superstitions.
Jean-Claude Servais a réalisé une large partie de son œuvre avec des thèmes empruntés à la faune, à la flore, en intégrant des humains.

Le chat est un animal qui génère un climat allégorique. Il est adulé dans des civilisations, repoussé, accusé des pires vilenies dans d’autres.
Une courte introduction de l’auteur, une préface plus développée de l’éditrice, qui se présente comme une colocataire de deux petits félins, ouvrent l’album. Les premières planches montrent deux adolescents, un peu craintifs, qui s’aventurent vers une maison où habitaient une vieille folle et son chat. L’apparition d’un félin les fait fuir. Mais, dans la nuit, tous les chats convergent vers cette maison où trône, sur une crédence, une chatte qui se mue en femme.
C’est en Egypte ancienne que Bastet, la fille de Râ, après avoir détruit sous la forme d’une lionne, l’ennemi de son père, prend la tête d’un chat et devient extrêmement populaire. Son culte amenait le peuple à vénérer tous les chats. Tuer l’un d’eux était puni de la peine de mort.

Dans la mythologie nordique, Freyja, une déesse majeure, avait un char tiré par deux chats.
Le christianisme a considéré le félin comme une bête immonde. Dieu a créé le chien pour servir les hommes, le Diable a créé le chat.
L’album se clôt avec une illustration du poème de Charles Baudelaire, Le Chat et par la nouvelle d’Edgar Allan Poe, Le chat noir.

En seize séquences, Jean-Claude Servais dresse un panorama des différents aspects du chat, intégrant les superstitions à une intrigue, sorte de fil rouge de secrets bien gardés et d’une vengeance.
C’est avec ce trait réaliste si identifiable que Jean-Claude Servais retranscrit la beauté du chat, ses attitudes si particulières et ce regard énigmatique.
Les couleurs de Raives magnifient les planches.

Avec ce parcours dans le folklore et l’imaginaire populaire, l’auteur dresse un magnifique portrait de ce félin si répandu mais sur lequel s’attachent nombre de légendes.

Jean-Claude Servais (scénario et dessin), Guy Raives (couleurs), La Faune symbolique – t.04 : « La Femme-chat », Dupuis, coll. Grand Public, octobre 2026, 80 p. – 18,50 €.

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