James Patterson, L’Eté des machettes
Bienvenue à San Dominica, une île des Caraibes au climat torride et à l’été sanglant… gardez-vous des machettes !
1979. Une île des Caraibes, San Dominica, Turtle bay. Un jeune touriste et sa compagne, tous deux américains, sont assassiné sur la plage à coups de machette. Ce double meurtre va marquer le début d’une série de massacres savamment orchestrés par Damian et Carrie Rose, un couple à la Bonnie and Clyde, professionnel des opérations frauduleuses à grande échelle.
Les intérêts qui sont en jeu durant cet « été des machettes » sont autant d’ordre politique qu’économique. On veut déstabiliser le gouvernement de San Dominica afin d’y implanter à plus ou moins longue échéance des casinos. Mais la police locale et la CIA sont encore loin de s’en douter. Ils essaient de juguler l’escalade de la violence avec l’aide du seul témoin à avoir vu Damian Rose, un dénommé Peter MacDonald, ancien militaire, traqué désormais par les sbires de Rose. Pourront-ils contrecarrer les diaboliques plans de Damian Rose ?
James Patterson n’est plus à présenter. Auteur d’une vingtaine de romans policiers, il doit notamment son succès à son héros Alex Cross, le psy-détective noir de Washington. Aussi est-on un peu surpris de le voir sortir du thriller classique pour signer un roman noir à connotation politico-économique. Et la surprise n’est pas des meilleures, car L’Eté des machettes ne convainc pas : le roman semble s’en tenir à une série de meurtres orchestrés par une mafia et des politiciens véreux sur fond de guerre commerciale, le véritable but de tout ceci étant de créer un paradis du jeu. Certes, tout est planifié avec soin, et l’histoire se déroule selon un calendrier très précis qui donne aux événements un aspect réaliste. Les extraits du journal de Carrie Rose, Bonnie sans coeur, renforcent l’impression d’authenticité, mais cela ne suffit pas. Trés vite, l’ennui s’installe. Le lecteur ne s’attache à aucun des personnages, pas même au seul témoin de l’affaire, qui lui aussi est manipulé. L’auteur semble vouloir répéter l’affaire de la Baie des cochons, à laquelle il se réfère d’ailleurs, mais la surenchère en matière de meurtres a pour seul effet de nous dégoûter.
Vous l’aurez compris, ce roman est loin d’être le meilleur de Patterson ; un conseil donc : passez l’été loin des plages de San Dominica !
franck boussard
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James Patterson, L’Eté des machettes (traduit de l’anglais par Philippe Hupp), Fleuve Noir Coll. « Noirs », 2004, 244 p. – 19,50 €. |
