Iliana Xander, Love, Mom
Certains écrits ne devraient pas être lus…
Tout commence avec le décès d’Elizabeth Dunn, épouse Caspet, universellement connue sous son nom de plume, E.V. Renge, une autrice de thrillers. En ce promenant dans les bois proches de son domicile, cette dame de 43 ans a glissé et sa tête a heurté une pierre.
Elle n’a jamais été proche de Mackenzie, sa fille âgée aujourd’hui de 21 ans. Celle-ci a du mal à supporter l’ambiance de la cérémonie qui réunit tout le gratin du coin. Elle s’éloigne et surprend une conversation fort sibylline entre son père, Ben, et un individu qui, manifestement, n’appartient pas au milieu des participants à la commémoration.
Voulant rentrer chez ses parents, retrouver EJ, son meilleur ami qui est en route, elle voit sur le siège conducteur de sa voiture, une enveloppe. Sur celle-ci, elle lit : « De la part de Fan n°1. XOXO« . De l’intérieur elle retire trois feuillets manuscrits. Le premier ne comporte que les quelques mots : « Tu veux connaître un secret ? Love, Mom«
Et ce qu’elle découvre, en compagnie d’EJ, semble être le début du journal intime de sa mère. Celle-ci, orpheline, a grandi dans un foyer. C’est un passé qu’Elizabeth n’a jamais voulu aborder, argumentant que c’est compliqué. Or, d’après ce que Mackensie découvre, sa mère est une meurtrière… Elle va, avec l’aide de son ami, se lancer dans une traque de la vérité, une vérité qui semble s’éloigner au fur et à mesure qu’elle reçoit les extraits du journal d’Elizabeth…
Iliana Xander, qui écrit depuis l’adolescence, comme son héroïne d’ailleurs, a publié une vingtaine de romans sous divers pseudonymes. Love Mom est le premier livre de l’auteure traduit en français.
Ce thriller psychologique décrit une jeune femme qui part à la découverte d’une mère, une femme célèbre plus préoccupée de soigner sa notoriété que de dispenser un peu d’amour maternel. Si le roman débute avec des situations assez quotidiennes, la première lettre alerte par son contenu. Et c’est crescendo que l’on prend connaissance de la vie de romancière qui décrit dans ses thrillers, teintées d’un peu de fiction, des situations vécues. C’est alors une suite rapide de surprises, de rebondissements, de coups de théâtre, qui plonge le couple Mackensie – EJ dans l’effarement et la stupéfaction. Comment est-ce possible que cette femme ait été amenée à de tels actes ? Ce qui est frappant, c’est aussi le décalage entre ce qu’elle dit de sa maternité, dont elle se réjouit, et la suite faite d’indifférence.
Outre les héros, des personnages retiennent l’attention pour leur implication dans la vie d’Elizabeht.
De révélations surprenantes, en annonces étonnantes, Iliana Xander propose un scénario bien tortueux, une intrigue bien retorse et fait monter une belle tension jusqu’à un dénouement remarquable. Un petit détail qui n’obère pas la qualité de ce magnifique roman : page 65, Monica, la maîtresse d’EJ, a dix ans de plus que lui. Cet écart se réduit à six à la page 70.
Avec un sens aigu du récit, une écriture incisive, l’auteur signe un thriller captivant qui se lâche difficilement avant d’arriver à la conclusion.
serge perraud
Iliana Xander, Love, Mom (Love, Mom), traduit de l’anglais (États-Unis) par Antona Simongiovanni, Fleuve noir, coll. Thrillers, janvier 2026, 416 p. – 21,95 €.