Valérie Belin, Les choses entre elles (exposition)

Valérie Belin, Les choses entre elles (exposition)

Les Franciscaines ouvrent leur cinquième saison d’expositions avec l’œuvre de Valérie Belin là où l’histoire de l’art continue d’influencer sa pratique. Dès sa formation, elle a acquis des bases liées à la peinture et à la sculpture. Et son travail entretient une véritable filiation avec le tableau en tant qu’objet, jusque dans sa fabrication. Elle appartient à la génération de la photographie dite plasticienne envisagée comme outil pour créer des formes qui se libèrent d’un simple « témoignage ».
Le titre de sa série « Les choses entre elles » est celui de l’un des premiers films d’Antonioni :« Femmes entre elles ». Celui-ci observait les relations entre plusieurs femmes dans le milieu de la couture. Mais ici, Valérie Belin examine les différences et équilibre entre les êtres et les choses : Elle photographie les femmes comme des sculptures en retirant leur part vivante pour les réifier et les transformer en image.

De fait, existe ici une sorte cérémonie et de moments de tels objets où les femmes deviennent des mariées, des bodybuildeuses. En ce sens, elles sont saisies en instants de paroxysmes. (…) « elles-mêmes sont dans l’excès, soit par mon approche, dans laquelle il y a toujours quelque chose de la surenchère », précise-t-elle. Et dans sa recherche existe de quelque chose de plus grand que la nature.
Cette métamorphose répond à un vœu de sublimation – à savoir faire faire quelque chose de beau issu de la banalité. Son travail« consiste aussi à poser une loupe sur ce qui ne fonctionne pas, sur un paradoxe qui, au fond, revient toujours », ajoute-t-elle. Car ses héroïnes veulent devenir quelqu’un d’autre tout en s’appuyant sur des modèles stéréotypés. En ce sens, tout dans cette œuvre devient important.

Dès lors, si « ses » femmes restent les victimes de la marchandisation, pour elles il n’existe plus de hiérarchie entre les choses à vendre et les personnes. En ce sens, la femme est « mise à mal par un excès de décors, de beauté ou d’objets qui l’absorbent jusqu’à parfois la faire disparaître », écrit l’artiste, comme elle le montre dans sa série « Lady Stardust « .
Son travail fonce sans cesse plus loin dans l’irréalité en différentes techniques d’interventions sur ses photographies par maquillages, collages, etc. Surgissent dans chaque portrait des leurres mais qui deviennent artificiels. Ici, la beauté reste un moteur mais dont le « régime » se transforme.

Valérie Belin, Les choses entre elles, Les Franciscaines, Deauville, février-mars 2026.

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