Gihef & Zivorad Radivojevic, Titans – t.04 : Irenis
Elle jure de changer son destin…
Irenis a sept ans quand elle perd ses parents dans un naufrage qui semble provoqué par un homme étrange porteur d’un médaillon, à trois pointes, volé à Héphaïstos. Vendue comme esclave par Priam, son cousin, qui l’avait sauvée, elle va grandir à Argos. Pendant onze ans, elle va travailler sans trouver son statut trop pénible.
Quand une terrible tempête déferle sur la ville, elle aperçoit une silhouette qu’elle connaît et entend ce rire sardonique. Elle perd l’amie qui la confortait comme une mère. Elle ressent alors ce feu qui la consumait lorsqu’elle était enfant, un mélange de colère et d’impuissance.
Décidée à venger la perte des êtres chers, elle cherche un allié en la personne d’Agamemnon, qui règne sur Mycènes, lui faisant miroiter l’extension de son royaume, Argos n’ayant plus les moyens de se défendre. Mais rien n’est simple face aux dieux, même lorsqu’ils prennent une apparence humaine. Irenis va devoir aller bien au-delà de ce qu’elle avait pu imaginer…
Avec cet album Jean-Luc Istin clôt cette série qui ne comporte que quatre tomes. Il l’a voulu ainsi, jugeant difficile de renouveler un concept aussi tranché, une femme affrontant un dieu avec la puissance d’un titan. Il a mis en scène différentes facettes de cette idée. Il a animé une guerrière (Iris), une psychopathe (Asia), une mère de famille (Ariane) et une esclave dans le présent tome.
Chacune de ces femmes, au caractère trempé, fait face à un dieu qui lui pourrit la vie d’une façon ou d’une autre. Quelle aide alors peut trouver une humaine face à une puissance divine ? Une autre puissance ! Et l’idée intéressante est d’utiliser ces titans qui ont été vaincus par les dieux et qui peuvent souhaiter prendre une revanche.
Chaque album propose une belle collection de complots, de trahisons et une suite d’actions, de combats, où la dynamique, voire la dynamite, est de mise.
Les illustrations sont confiées à des créateurs qui reprennent les recherches graphiques de Sébastien Grenier, les mettant en musique au cours des 64 pages que comportent les albums.
Pour ce volume, le dessin est l’œuvre de Zivorad Radivojevic et la mise en couleurs d’Arif Prianto. Si le premier offre des vues très variées, mettant dans ses images nombre des possibilités offertes par un dessin dynamique, le second donne les couleurs adéquates pour renforcer la tension et revigorer l’atmosphère.
Un tome qui clôt de belle manière une série attractive sur une idée bien originale.
serge perraud
Gihef (scénario), Zivorad Radivojevic (dessin) & Arif Prianto (couleurs), Titans – t.04 : Irenis, Éditions Oxymore, mai 2025, 64 p. – 16,50 €.