Galerie Templon, 50 Years

Galerie Templon, 50 Years

Art, rêve, réalité

Il faut aux créateurs des partenaires. Depuis 50 ans, Daniel Templon est l’un des plus probants. Il tient désormais le rôle qu’avait en son temps Maeght et avec sans doute une visée plus large et internationale. Succédant à Chez Daniel  qui fêta il y a 10 ans le quarantenaire de le galerie,  50 years  réactualise le parcours en un ouvrage colossal et riche autant par ses illustrations que par ses textes.
Cette somme (peu chère au demeurant) est une mine de richesses. « Tout » l’art contemporain qui compte s’y retrouve plus que compilé : mis en valeur et en exergue. Celui qui fonda à 21 ans à 1966 sa galerie reste à la base de la défense et l’illustration de l’époque. Sa galerie – comme il le fait remarquer dans la superbe interview qui ouvre l’ouvrage – se veut « une galerie de référence plutôt qu’une galerie à la mode ». Son directeur et ses associés ne sont donc jamais tombés dans le jeunisme. Ils revendiquent comme seul critère la qualité – elle dépasse la spécialisation et les étiquettes. Et le directeur préférera toujours les derniers Pinocchio de Jim Dine où les « durations » de Vialat à des gloires saisonnières.

Rappelons que, dans une époque récente, Templon a découvert (entre autres) Chiharu Shiota, Jonathan Meese, Franz Ackermann. Sans exclusive et en reconnaissant ce qu’il doit à Léo Castelli, le galeriste reste un découvreur assermenté à l’exigence et à l’honnêteté. Paris peut s’enorgueillir d’un tel « Temple ». On pourrait d’ailleurs inventer le verbe « templer » afin de le conjuguer à la première personne du pluriel : « templon(s) ».
L’art y donne accès à l’envers du monde et à ce qui, en lui, est la région de la nécessaire dissemblance.

jean-paul gavard-perret

Galerie Templon, 50 Years, Editions Templon, 2016, 960 p. – 37,00 €.

Laisser un commentaire