François Cachoud, Les nuits transfigurées (exposition)
A contempler les tableaux nocturnes du peintre savoyard François Cachoud (1866-1944), la nature dans ses bizarreries et ses différences semble venir au devant de nous comme une baudruche qui se gonfle d’une présence inédite. Les reflets lumineux ouvrent une figure de l’Achéron. Un Achéron paradoxal puisqu’il ne permet plus le passage vers l’enfer mais vers un éden artistique.
L’artiste nous fait le confident des opérations les plus secrètes du cycle de la nuit. S’inscrit un ici et ailleurs : une extra – territorialité où le regard fonctionne alors dans une dimension structurante. Cachoud subvertit les notions d’ombre et de clarté. Le paysage mute de la simple représentation vers la « re-présentation ». Entre les deux, le pas est immense. Elle différencie le travail du faiseur et celui du créateur de formes.
Par le genre qu’on nommera peinture paysagère nocturne, Cachoud manifeste quelque chose du regard ou plutôt la sélection d’un certain mode de regard. Les reflets lumineux qui se concentrent sur certains points du tableau font de chaque paysage une mise en rêve du paysage et du rébus qui l’habite par l’œil qui se cherche en lui comme on disait autrefois que l’âme se cherche dans les miroirs.
C’est pourquoi, chez Cachoud comme chez Wolf et les grands peintres paysagistes, deux opérations ont donc lieu en même temps : concentration de lumière qui n’envahit plus la totalité du tableau mais aussi ouverture du champ. L’œil ne peut plus butiner et virevolter sur la surface e mais se porte sur les points particuliers des sources lumineuses.
jean-paul gavard-perret
François Cachoud, Les nuits transfigurées, Musée des Beaux-Arts de Chambéry, du 1er avril au 17 septembre 2017.

One thought on “François Cachoud, Les nuits transfigurées (exposition)”
Exposition très réussie. Nous invitons le plus grand nombre à découvrir dans la foulée l’association Les Amis de François Cachoud :
http://www.francois-cachoud.com
Cordialement