Enrica Tesio, Cose che te dico mentre dormi
Nuits câlines
Le soir, lorsque la maison se repose enfin,un moment secret commence. Le temps des confessions, des rêves, des paroles les plus vraies. Et c’est pourquoi et en conséquence dans toutes les heures de la journée, il y en a une secrète, nocturne – mais habitée seulement par les rêves ? Quand la maison devient silencieuse, tout le monde dort mais une femme veille sur chacun et place ses pensées sur chacun comme des caresses sur la pointe des pieds. C’est l’heure de la mélancolie et de la tendresse, c’est l’heure de la vérité chuchotée dans l’obscurité quand ça fait moins mal ou quand nous savons que l’étreinte du sommeil matinal nous accordera un répit.
D’une voix pleine d’humour et de sensibilité, la narratrice de ces pages nous parle de sa famille à travers les conversations nocturnes qu’elle adresse à sa jeune fille, son fils adolescent, sa mère qui n’est plus parmi nous et son père indéfectible, son compagnon, un ami qui vit à l’autre bout du monde… et peut-être, en fin de compte, à elle-même – d’où ce qu’elle avoue : « Je suis celle qui écoute les autres respirer la nuit. Les maisons et les saisons changent, les lits et les garnitures changent, mais chaque soir, je suis ici en suppliant : « Amour, maintenant dors, je dois te parler. ».
La voici telle une Pénélope à l’envers, tissée le jour et effilochée la nuit, mais la nuit « je cherche la clé de l’écheveau que le jour a l’habitude de ruiner », ajoute la narratrice.
jean-paul gavard-perret
Enrica Tesio, Cose che te dico mentre dormi, Bompiani, 2025, 208 p. – 17,00 €.