Détail d’un vase grec à figures rouges (Flavien Bellec, Étienne Blanc, Clémence Boissé, Solal Forte)

Détail d’un vase grec à figures rouges (Flavien Bellec, Étienne Blanc, Clémence Boissé, Solal Forte)

Bon, pour rédiger une critique, il faut avoir vu la pièce, savoir de quoi elle parle et quelles sont ses intentions, comprendre ce qui est montré. Là, il faut se rendre compte qu’il ne s’agit pas seulement de boniments débonnaires, mais du développement d’une perspective. Il fallait définir une théorie, une approche, un regard à la fois connivent et distant, cultivé même, critique quoi. Tout cela, on ne l’avait pas en magasin, non plus qu’ailleurs, surtout là, en face de ce questionnement. Pourtant, j’ai fini par décider d’aligner des mots : improvisations d’allure faussement impromptue, cocasses, fluctuant entre ironie, dérision, burlesque et sacrilège. Bref, n’importe quoi, bien enchaîné avec n’importe quoi. Il faudra bien finir par affirmer que si tout cela est charmant, cela s’expose à ne pas être apprécié, faute de la possibilité d’un jugement.  

C’est le titre qu’on commence à évoquer, ou plutôt la difficulté de son choix. On est installés dans les atermoiements de la création. La troupe se montre en train de raconter les balbutiements de son cheminement. Hésitations sur les options pour incarner Ulysse, sur le sens général de l’œuvre, sur le rôle du théâtre aujourd’hui : voilà la représentation embarquée dans l’allégation de la difficulté de représenter. C’est cette tonalité qui est déclinée à travers plusieurs séquences déjouant toute narration, toute progression, toute orientation. C’est une auto-destitution, qui n’hésite pas à parler des moyens de faire durer le propos. On joue avec les limites de la profération – de la profanation – scénique. Ne cessant de poser la question du quoi jouer, on finit par saper le jeu, par exemple dans le propos des intervenants qui remettent en cause leur propre participation.  

Conception et interprétation Flavien Bellec, Étienne Blanc, Clémence Boissé, Solal Forte. 

Au théâtre de l’Athénée – Théâtre Louis-Jouvet  

4 square de l’Opéra Louis-Jouvet – 75009 Paris 
Billetterie : 01 53 05 19 19 billetterie@athenee-theatre.com 

Du 16 au 20 décembre 2025 Salle Tristan Bérard – durée 1h20 

Production Frenhofer. 
Coproduction Théâtre des Bains-Douches ; Archipel Granville ; Halle ô Grains ; Théâtre de Lisieux Normandie ; L’Étincelle ; le Tangram, Scène nationale d’Évreux ; Le Volcan, Scène nationale du Havre ; Scène de Recherche – ENS Paris-Saclay. 
Soutiens et partenaires TANIT Théâtre ; Studio 24 ; La Curie ; La Fonderie – Le Mans ; Festival International de Milos (Grèce) ; La Méta, Centre Dramatique National ; Communauté d’agglomération Lisieux Normandie ; Département du Calvados ; Région Normandie ; ministère de la Culture – Direction régionale des affaires culturelles Normandie. 
Remerciements Laura Cohen ; Les Laboratoires d’Aubervilliers ; Institut mémoires de l’édition contemporaine. 


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