Charles Pennequin, L’Ecriventure

Charles Pennequin, L’Ecriventure

Cela a commencé ainsi – surtout si nous croyons un des liminaires les plus célèbre d’un écrivain célèbre : C’est en moi qu’il y a ça. Ce quelqu’un. Il y a ce quelqu’un qui est là, à l’intérieur. Il devrait être là. Il faut que je le trouve. Je peux le chercher. Je trouve un humain au fond de moi. », prétend Pennequin.
Mais c’est un énorme sujet avec tant de diables de recommandations Elles sont promues comme produit d’une enquête voire d’une publicité pro-domo de l’auteur sur les traces d’un écrivain, de son travail, de son langage, et sur les lieux divers de son inspiration.

Le portrait de l’écrivain (ou son double) n’est pas suspecté de la présidence de l’écriture. L’auteur évoque sa famille, sa belle-famille, ses collègues (écrivains ou jadis flics ou soldats. Mais ce qui tient Pennequin reste – faute de mieux (à faire ?) : l’écriture.
Existe donc un lobbying et une aventure par et pour l’écriture : et à partir de tout ce matériau, se dessine un personnage aux identités et santés mentales multiples dans ce qui tient d’une autobiographie. C’est ici un enjeu moins de la « viande » (Artaud) de l’auteur que de son émirat littéraire. D’autant que l’auteur (fidèle à Lacan) aime couper moins sa barbaque que des coupures de journaux et pratiquer des « intersexions » quitte a tailler dedans avec on nous sans préjudice ou vulnérabilité.

Tel un Platon ou un coureur automobile, il se met dans la banquette et le baquet pour poser ses propres conditions – en format long – sur l’écriture dont il ne se veut ni ascète, ni expéditeur en cinq sets des cinq à sept. Pennequin traite là l’ouverture de son système littéraire et de lui-même. La réciprocité est totale. Et dans leur pliure, l’un devient le devenant plus ou moins revenant dans sa symétrique de l’autre.

Charles Pennequin, L’Ecriventure, P.O.L éditeur, 2026, 320 p. – 23,00 €.

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