Des monts
(Et mère veille)
Ma courbe arrondie de saillies, j’abuse de ceux qui bavent de mes eaux et aspirent ma prairie. Leurs pensées impudiques poussent, se répandent de mes épaules à mes monts et jusqu’à son anémone. L’inachèvement des significations inonde les pans de leurs croyances obscènes. J’use le rouge à joue et le doré des cils pour colorer ma viande et trier dans le choix de mes plaisirs. Ma pilosité́ pubienne apparaît en tortillement mais avec ma grâce de putain pour extraire une certaine sève ́puisée aux orgies.
Des ́émotions consomment des remords incertains. Ma nature s’éreinte de salive et je suis altérée des respirations des cyniques qui enterrent en moi leurs défis de chiens d’arrêt. La morphologie de mon sexe déforme les branchages de mon chagrin et renforce la force des hommes dits de convictions. Sa couleur est alors un appoint. Je chéris mon gazon et sillonne les muscles des rédempteurs. Ma délivrance se soumet à leur regard au masque de pantin. Que de leur enfermement ma chair se préserve.
jean-paul gavard-perret
Photo : Florence Deba