David Foenkinos, Tout le monde aime Clara

David Foenkinos, Tout le monde aime Clara

Alexis, la cinquantaine, a une fille de dix-sept ans qu’avec Marie, son ex-épouse, ils avaient décidé de prénommer Clara. Or, depuis quelques mois, l’adolescente a été victime d’un grave accident. Pour Alexis, rien n’est plus pareil. Il a décidé de participer à un atelier d’écriture, une activité qui, pour ce conseiller financier, lui paraissait improbable. Et il s’inscrit chez Éric Ruprez, l’auteur de La Peur des secondes, son seul roman paru il y a quarante ans. Il complète un groupe de trois dames, Aurore, Anaïs et Amélie.
Quand Marie apprend qu’il intègre cet atelier, elle est étonnée. En onze années de vie commune, elle ne l’a jamais vu ouvrir un livre. Leur rencontre s’est faite au moment où Lady Di percute un des piliers du pont de l’Alma. Ils ont mis dix ans à procréer et la vie les a séparés. Clara grandit chez l’un et chez l’autre jusqu’au jour où Alexis, qui devait accompagner sa fille, doit sacrifier à une obligation. Et ce qu’il en découle est dramatique…

Le récit se déroule sur presque trois décennies, de la rencontre d’une femme et d’un homme jusqu’à un moment apaisé, après un parcours sinueux et semé de ruptures. Deux personnages principaux traversent ces années. On suit, avec un bel intérêt, les péripéties émotionnelles, sentimentales, que vivent ces héros. Le romancier fait partager les relations d’un couple, ses liens avec sa fille, les hauts et les bas, l’amour qui vient, l’amour qui va, avec une approche qui allie tendresse, ironie et tourments.
Une large part de l’histoire s’articule autour des conséquences du coma de l’adolescente. Le couple, bien que séparé, va tout tenter pour la ramener dans le présent, unir ses efforts, faire fi de ses désaccords. David Foenkinos raconte ce combat avec une belle maîtrise, une force didactique et une réalité émouvante. Il raconte le travail du corps médical et la nécessité d’un entourage aimant et omniprésent.

À travers son récit, l’auteur revient souvent sur la littérature, sur l’art d’écrire et sur les difficultés que rencontrent ceux qui s’adonnent à cette activité. Il fait référence à nombre d’écrivains.
Il installe, parmi d’autres, une belle intrigue secondaire avec des séquences et l’approche d’une statue, une œuvre qui se situe dans le Cimetière des non-catholiques à Rome. Cette statue créée par William Wetmore Story, L’Ange du chagrin, en hommage à son épouse décédée, est une pure merveille d’émotions, de sentiments et une parfaite illustration d’une intense douleur.
Dans une seconde partie, il anime une Clara différente, mais toujours aussi délicieuse.

Ce roman met en scène un personnage remarquable, attachant, auprès de qui gravite une belle suite de personnes qui retiennent l’attention. Le romancier aborde des sujets graves, des situations bien difficiles avec un ton qui les rend plus légers et surtout apporte un espoir.

David Foenkinos, Tout le monde aime Clara, Folio n°7666, mai 2026, 240 p. – 9,20 €.

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