Claudine Douillet l’indépendante ou la pensée acidulée – entretien

Claudine Douillet l’indépendante ou la pensée acidulée – entretien

Aux manettes (entre autres) d’Alliance Communication et de la revue en ligne alliancefr.com, Claudine Douillet poursuit un travail de responsabilité et de persévérance militante mais libre contre divers risques d’anéantissement ou de mensonge. Evitant les simplifications, elle lutte contre ce qui s’impose parfois par ruse, silence ou violence.
Toujours active, elle défend ses valeurs face au danger pour ramener à la surface quelque chose du sens absent. Bref, Claudine Douillet casse bien des passivités pour imposer le désir d’un savoir de justice et de liberté face à ce qui souvent se dérobe dans d’autres lieux « d’interprétation ».

 Entretien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
L’espérance d’une belle journée ! Une nouvelle chance à ne pas rater.

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
Ils continuent de se réaliser un par un. Ils ne m’ont pas oubliée et moi non plus .:-)

A quoi avez-vous renoncé ?
A rien. J’ai pris à chaque fois ce que la vie à accepté de me donner et essayer d’en tirer le meilleur. Ce sont les limites, les frustrations qui vous rendent créatifs et finalement heureux.

D’où venez-vous ?
De Paris suivant mon passeport mais de Jérusalem suivant mon âme.

Qu’avez-vous reçu en dot ?
En dot ? A mes mariages, les dots n’existaient plus 🙂 En héritage, en revanche, la certitude que rien n’est irréversible, et cela s’est plusieurs fois vérifié.

Un petit plaisir – quotidien ou non ?
Les bonbons acides que l’on ne trouve qu’en France.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres directrices de sites et de revues ?
Ma liberté de ton et de pensées. Refuser tous les enfermements, qu’ils soient politiques, religieux, ainsi que les dictateurs de pensées. Trouver la lumière là où d’autres ne voient qu’obscurité. Être indépendante a un prix, particulièrement pour une femme juive. J’ai eu la chance de pouvoir le payer.

Comment définiriez-vous votre approche éditoriale ?
Originale avec une touche de dérision légèrement provocante , insolente, assurément mais qui ne peut trahir ni ses convictions ni ses valeurs ni ses engagements .

Quelle est la première image qui vous interpella ?
Les pleins et les déliés affichés sur le tableau noir en classe de CP. Scolaire hein ?

Et votre première lecture ?
« Jane Eyre » de Charlotte Brontë.

Quelles musiques écoutez-vous ?
Toutes à partir du moment où elles sont suffisamment généreuses pour me transporter .

Quel est le livre que vous aimez relire ?
« Les clés de la maîtrise » de Charles F. Haanel.

Quel film vous fait pleurer ?
« Elle s’appelait Sarah », « La liste de Schindler », tous les films où il y a une recherche de justice malgré le chaos et l’indifférence.

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ?
Une femme qui n’a pas encore désertée son idéal , le meilleur reste à venir. C’est pour cela que je me lève le matin 🙂

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
C’est l’écriture qui m’a permis d’approcher les “inaccessibles », l’écriture permet tout, pour peu que vous osiez tremper votre plume dans l’encre de la sincérité.
Elle est le pont. Le pire est ceux qui utilisent les coups ou le silence en réponses. Ceux sont des lâches.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
Athènes.

Quels sont les artistes et écrivains dont vous vous sentez le plus proche ?
Ecrivains : Pearl Buk, Antoine de Saint Exupery , Albert Camus , Marguerite Duras , Annabel Buffet , Fanny Levy
Artistes : Isabelle Adjani, Isabelle Huppert, Grand Corps Malade, Santana, Groupe Eagles , Toffoli, Joan Miro, Salvador Dali…

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
Une nano-bible et un billet pour un tour du monde .

Que défendez-vous ?
Israël sans aveuglement le judaïsme dans toutes ses dimensions ; les femmes .

Que vous inspire la phrase de Lacan : « L’Amour c’est donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas »?
Il s’agit là de l’amour et non de l’Amour 🙂  Selon moi, l’Amour est notre seule raison de vivre. C’est l’énergie qui permet la cohésion de nos cellules donc la vie.

Que pensez-vous de celle de W. Allen : « La réponse est oui mais quelle était la question ? »
Que se cache-t- il derrière chaque question ? La réponse renvoie à la question . Typiquement talmudique.

Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
Aucune ou toutes à vous de savoir 🙂

entretien réalisé par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 23 mars 2018.

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