Charles Juliet, Pour plus de lumière – Anthologie personnelle (1990-2012)

Charles Juliet, Pour plus de lumière – Anthologie personnelle (1990-2012)

Vivre d’une autre vie

Se découvre – dans l’anthologie personnelle de celui qui fut longtemps muet et muré  – comment une lumière autre que noire est tirée progressivement de l’obscur.
Amorcée très tôt, la descente aux enfers de Charles Juliet débouche sur un seuil de sérénité. Désormais, le poète accède au « vrai » silence : non celui qui lui fut imposé mais celui qu’il peut choisir si le besoin s’en fait sentir.

Tout va donc vers la « fracture » qui ne débouche pas dans un plongeon en abîme mais une remontée. Juliet l’indélébile atteint de la sorte un accomplissement existentiel.
Ses mots ne sont plus des témoins inassermentables ; ils finalisent le métier de vivre. Celui-ci n’atteint pas la retraite mais une forme de paix.

Le poète inscrit en conséquence une renaissance. Certes, elle n’a rien d’une épiphanie triomphante. Le temps n’est plus à une telle envolée. La poésie est là pour le prouver : elle dit simplement qu’il faut plus croire à la vie qu’à la mort.
L’œuvre trouve ainsi une ouverture, en découvrant enfin ce que Beckett cherchait dans la littérature : « la voix qui dit / vis / d’une autre vie ».

La vie d’ici-bas, d’ici-même. Bref, telle qu’elle est une fois que le silence imposé est enfin déchiré par le murmure d’une confession intime qui refuse toute concession au lyrisme : il serait déplacé.

jean-paul gavard-perret

Charles Juliet, Pour plus de lumière – Anthologie personnelle (1990-2012), Gallimard, collection Poésie, 2020, 440 p. – 11,30 €.

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