Art Monique
(Qu’est-ce un voyeur ?)
Du peintre, la toile reste sa migration et son modèle amante. Il la prend quand ils font l’amour en nature et en vérité au milieu des parures du décor. Il la soutient, la porte au jour pour peindre sa salvation en un instant et l’éternité. Il la laisse blonde et oblongue face au chevalet mais ensuite la reprend pour que sa nudité intérieure se fiche de tout pagne. Il l’accompagne et elle aussi. Ils envoient tout promener pour rester ensemble.
Des peintures les matent tout autour – celles de Chambéry, Malaga, Florence, de l’Age d’Or où ou de vieillards qui ressemblent à celui qui lui dit : « Ah Bon Dieu, viens Ma grande ! » avant de la coucher encore sur la toile, une fois sortant, laissant tomber sa serviette de bains, de la douche. En jambes fuseaux, elle se baigne de lumière faiblement pourpre de Tyr et de Judée et que le peintre voit ou rousse, blonde ou brune. De l’amant, elle entre dans tout ce qu’elle garde. Et pas seulement les yeux. (Moi aussi j’y étais).
jean-paul gavard-perret
Photo Lucia Gaciani