Alessandro Barbaglia, L’invention d’Eva
L’intime et le général
Alessandro Barbaglia, écrivain à Novara, a déjà écrit – entre autres – dans Le Coup du fou sur l’étrange vie de Bobby Fischer, génie des échecs. Avec L’invention d’Eva, il évoque la vie de Hedy Lamarr, star oubliée des années 40-50, inventrice géniale du Wi-Fi, plus belle femme du monde, hors norme et trop douée pour s’inscrire dans une vie ordinaire.
Le narrateur de ce livre ramène à la question « qui est-elle ? » dès que sa sœur, haïe et adorée, mentionne ce nom et encore plus lorsqu’il se lance à la recherche des origines de Hedy, ou plutôt d’Eva (prénom qui était le sien en Autriche quand elle est née en 1914).
Elle fut la jeune protagoniste du film Extase en 1933. Elle y apparaissait entièrement nue et cela lui colla à la peau. Certes, nous ignorons tout de Eva et de Hedy Lamarr. Mais l’auteur nous entraîne dans la quête d’un tel amoureux fou. Il remonte aux origines du mythe et s’interroge sur la place des femmes de génie dans l’Histoire, ces femmes qui dérangent, et sur l’interdiction qui est faite à Ève d’accéder à l’arbre de la connaissance…
Un roman biographique si ingénieux est capable de dépasser les banalités. Barbaglia confirme son talent de narrateur dans cette fiction intimiste, documentée. Il déploie les différentes facettes de la vedette américaine. Ici l’histoire d’une enfant qui joue du piano pour éloigner la mort et celle d’un frère qui cherche à comprendre sa sœur et se combine dans celle de la femme la plus belle et la plus géniale du XXe siècle.
jean-paul gavard-perret
Alessandro Barbaglia, L’invention d’Eva, traduit de l’italien par Jean-Luc Defromont, Liana Levi Editions, 2025, 249 p. – 20,00 €.