Alain Duault, Car la douceur de vivre est périssable

Alain Duault, Car la douceur de vivre est périssable

L’amour obstinément

Il existe dans toute l’oeuvre d’Alain Duault une poétique de la précision au service de la vision et de la sensation.
Nul mieux que lui pour évoquer le corps – nu ou non – de la femme avec son dos comme « une vague au goût d’épice » entre le pont de la nuque et l’amande de tendresse.

Existe aussi « un peu de mascara au coeur » en l’honneur d’une mère que le temps use et abîme.
Demeure en conséquence « L’amour obstinément » – partie centrale du livre et qui en devient l’axe de d’existence.

Jamais la poésie d’Alain Duault n’a été aussi consistante pour atteindre les secrets de l’existence comme l’effondrement d’un monde là où une fin de monde annonce – qui sait ? – le commencement du suivant. Le poète à une manière bien à lui de pratiquer le lyrisme. C’est celui du crépuscule du soir qui prend l’âme en un vieux blues qui trouve chez le poète des accents neufs, impérissables.
Ici existe de la musique avant toute chose. Mais uniquement celle d’une âme qui sait que, sans le corps, elle n’est elle même que sac.

Il suffit de l’apparition d’une femme pour qu’il n’y ait plus à attendre Godot ou Dieu. Ce qui est après tout du pareil au même.
C’est par elle que la douceur est un peu moins périssable.

Au silence du ciel répond le bruit de claves des caresses qui, avec le temps, deviennent la nécessaire onde d’un mouvement vital.

jean-paul gavard-perret

Alain Duault, Car la douceur de vivre est périssable, Gallimard, Collection Blanche, Paris, 2022, 108 p. – 13,50 €.

One thought on “Alain Duault, Car la douceur de vivre est périssable

Laisser un commentaire